Le temps, thème majeur du dernier livre de Patrizia Gattaceca. Une réflexion poétique sur le temps, publiée en édition bilingue avec une audacieuse traduction de Dominique Verdoni.
Les poèmes disent le temps qui va et ne revient pas. Le temps d’avant, avant le temps. Le temps déjà passé du présent. Le temps espoir de demain – peut-être. Le temps sous la plume de Patrizia Gattaceca tourne entre un avenir du futur et des hier sauvegardés dans des replis de mémoire. Il est saisons. Mois. Il est château de sable. Rafales venteuses. Brume de la vague. Le livre emprunte et arpente les sentes du rêve. Il chante la lumière, le souffle de la parole, l’île déesse ou celle du crépuscule. Il peint des arbres de commencement du monde, des jours de pastel grisé, des crépuscules dorés. « Tempi di rena » est une ample et émouvante méditation qui convoque l’enfance avec ses paysages intérieurs gravés dans la souvenance, l’amour quand il est désir et plénitude ou quand tombe le point final d’une histoire et affleure avec bonheur au gré d’un vers cette pointe d’autodérision, d’ironie qui ramène à une juste proportion une histoire de cœur qu’on avait cru immortelle. Beaucoup de musicalité qui joue très bien de la fragilité des silences ou du fracas des voix. Inventive poésie. Sophistiquée et épurée à l’extrême. Rigoureuse et souple. Élégante et toujours sensible. Pour restituer un tel texte en français, pour le donner à sentir et à entendre Dominique Verdoni a orchestré une traduction qui mise sur des équivalences d’images et de symboles : primauté à l’esprit du texte, non à la lettre, tout en démontrant une grande fidélité. Séduisant résultat car créatif ! Dans un beau coffret jaune et gris « Tempi di rena » est une jolie réussite éditoriale due à un éditeur et au Centre Culturel Universitaire. Publié dans la collection « Veranu di i pueti » c’est un livre à offrir à qui on aime et ou à soi pour un de ces indispensables petits plaisirs … L’ouvrage se lit d’une traite, et ensuite se butine encore et encore …
Michèle Acquaviva-Pache