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Rencontre avec Rose Marie Carrega

jeudi 7 juin 2012, par Journal de la Corse

La villa Gaspari-Ramelli est l’une des plus fameuses maisons d’Américains. Qu’est-ce qui fait sa singularité ?

Le docteur Santos Gaspari l’a faite construire en 1840. Il était député et gouverneur de la province de Guyana au Venezuela. C’était un ami de Victor Hugo. Un républicain et un franc-maçon convaincu. Une pièce de la villa a d’ailleurs un plafond peint représentant des emblèmes de la franc-maçonnerie. Lui-même, Santos, est enterré debout comme le veut le rite des maçons. A sa mort la villa est revenue à son neveu, puis mon arrière grand-mère en a hérité. Elle aussi était très républicaine et dansait la Carmagnole, rapporte-t-on. Un autre de mes ancêtres, Toussaint Gaspari, était un communard connu et a échappé de peu au massacre.

En accueillant des artistes et en ouvrant votre maison au public quel objectif poursuivez-vous ?

Mon projet c’est le développement culturel en milieu rural. J’aide les artistes en leur offrant un espace pour faire connaitre leur travail. Ici, je veux qu’ils se sentent chez eux.

Votre initiative a-t-elle eu d’emblée de l’écho ?

J’avais dit au maire de Sisco : j’ouvre une galerie dans ma maison ! Eh bien, dès la première année cinquante artistes ont répondu présents et quatre cents visiteurs sont venus regarder leurs peintures… Les gens jouent le jeu. Il y a beaucoup de passage. L’émission de télévision « Des racines et des ailes » a tourné ici. Une cinéaste vénézuélienne d’origine corse aussi.

Mais très vite le champ de vos activités est allé au-delà des arts plastiques ?

J’ai décidé de faire le lien entre l’été et l’hiver en organisant une conférence par mois, maintenant nous en sommes à deux. La littérature s’est agrégée aux arts plastiques avec entre autres des lectures de textes par des écrivains. Cette année on a participé au « Printemps des poètes ». L’an dernier nous avions reçu le jury du prix du livre corse. Le lieu plait. J’ai beaucoup de demandes.

Votre rôle, à vous, en matière artistique ? Comment sélectionnez-vous œuvres et artistes ?

J’expose ce que j’aime ! Ma direction artistique est avant tout affective… Au demeurant je suis aidée par un commissaire d’exposition, Guy-Paul Chauder.

Les artistes qui vous sollicitent sont-ils d’ici ou d’ailleurs ?

D’ici et d’ailleurs ! J’ai des contacts hors de France également, en Afrique par exemple. Une de mes amies se propose ainsi de faire séjourner à la villa des artistes de la Réunion pour un stage. Un trecking culturel avec la Toscane est en cours d’organisation.

La villa et le jardin sont grands. Combien de personnes pouvez-vous recevoir ?

Dans le jardin trois cent personnes. A dîner soixante. En 2013 nous prévoyons d’ouvrir trois chambres en résidence d’artistes.

Une rencontre culturelle marquante ?

Un après-midi de l’été dernier lorsque Paul Amar a donné une conférence sur le printemps arabe. C’était sous les cèdres du Liban. L’intervention du conférencier était excellente et les questions qui ont suivi pertinentes.

Les rendez-vous à venir ?

Après la conférence du 9 juin de M Kremer-Marietti, directeur de la culture et du patrimoine à la CTC sur « Proust et Debussy », le 23 du mois aura lieu une rencontre entre Ituria, caricaturiste à « Ouest France » et Battì. Le 9 août ce sera la Soirée Blanche avec un hommage à Jacques Deray suivi de la projection du film, « Borsalino & co ».

Propos recueillis par M.A-P

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