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RENCONTRE

mercredi 27 octobre 2010, par Journal de la Corse

Contact Le corse, j’en suis persuadé, peut s’adapter à tous les styles de musiques. Mais si on veut une langue vivante, il faut que l’écriture évolue. Sekli Ce besoin de chanter vous l’éprouvez depuis quand ? Depuis tout petit … J’ai goûté à la scène avec Feli, j’avais quinze ans. Puis j’ai fait partie du groupe, Isula. C’était une bande de copains du lycée du Fango. L’aventure a duré de 1987 à 1991. J’ai quitté le groupe parce qu’à l’époque je ne me reconnaissais pas dans le contexte musical insulaire. J’ai repris très sérieusement il y a neuf ans. Sauf de petits épisodes avec I Surghjenti. Qu’est-ce qui vous pousse à monter sur scène ? Un goût du partage. S’il n’existait pas je ne me hasarderais pas en public. On vous qualifie de chaleureux. Ça vous plait ? Il me semble que c’est ce qui ressort de mon tempérament, et c’est sans doute souligné par mon aspect physique un peu poupon, un peu ourson ! Mais je suis aussi capable de faire la tête ! Travailler dans un groupe, qu’est-ce que ça vous a appris ? A avoir beaucoup de patience, à apprendre à connaitre les autres plus rapidement tout en restant plus indulgent. Techniquement c’est également enrichissant d’être dans un groupe. Votre participation aux Musicales est assez tardive. Il y a une raison ? Les organisateurs pensaient m’inviter depuis longtemps. Mais lorsque je tournais avec une formation électro ce n’était guère judicieux sur une scène comme celle de La Fabrique. Avoir été sélectionné est en tout cas un honneur ainsi qu’une occasion de me faire mieux connaitre. Comment écrivez-vous vos chansons ? Qu’une chanson soit triste ou gaie, l’inspiration surgit de partout. Parfois la mélodie me trotte soudain dans la tête. Parfois elle arrive lorsque je joue de la guitare. Parfois elle s’invite alors que je suis en train de travailler avec les enfants de l’École de Musique de Lucciana. Il n’y a pas de règles. Les thèmes auxquels vous tenez ? Je peux parler de l’état de la planète, de la guerre, de moi. J’écris seul ou en collaboration avec des poètes tels José Ugolini, Alain Franchi, Christophe Limongi. On vous range dans la catégorie pop rock. D’accord avec cette étiquette ? Vos influences musicales ? Ce qui est sûr c’est que je ne fais ni du traditionnel ni de la polyphonie ! Quand je chante accompagné d’un guitariste mon son se rapproche du folk. Quant à mes influences il faut les chercher dans les musiques de films – celles ont du relief et qui reposent beaucoup sur les arrangements – et chez Kenny Logging. Vous avez fait le choix de la langue corse. Pourquoi ? Parce que c’est ma langue maternelle et que je l’aime ! Parce que c’est un challenge aujourd’hui ! Le corse, j’en suis persuadé, peut s’adapter à tous les styles de musiques. Mais si on veut une langue vivante, il faut que l’écriture évolue. Apprendre le corse en chantant, ainsi que vous le faites dans des classes, c’est un bon moyen de transmettre un héritage culturel ? La musique, le chant stimulent la concentration chez les enfants et éveillent leur curiosité ce qui facilite l’acquisition d’une langue… Ce n’est pas uniquement de l’amusement, c’est aussi de la discipline. Des projets ? J’ai deux albums en chantier dont un avec Jean Bernard Rongiconi et un autre avec Jean Jacques Murgia. Propos recueillis par M. A-P

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