Alexis Santucci, bédéiste et peintre Né, un crayon à la main Un trait sensible et rigoureux, exigeant et délicat. BD de science-fiction ou plus directement en prise avec notre quotidien, croquis, toiles, multiples sont les facettes du talent de ce Bastiais pur jus, qui vogue sur ses quarante ans. Voguer est d’ailleurs un mot qui lui va bien, lui qui vit à demeure sur son bateau. Plus par goà »t de la liberté que pour des motifs de strictes économies, même si être un artiste, dans notre société, implique de véritables sacrifices matériels trop souvent. Sauf à accepter le succès formaté suivi trop fréquemment d’un effet bulle éclatant au moindre souffle. Un goà »t de la liberté Sa première BD, Alexis Santucci l’a crayonnée à quatre ans. «  C’était une copie  », reconnait-il en souriant. Quant à sa première création elle date du Cours Préparatoire. Bon élève il devient rebelle à l’éducation officielle en seconde. La porte du lycée Giocante claquée, il n’a qu’une envie : partir. Il devra attendre ses vingt sept ans pour que son vÅ“u soit exaucé. A Paris il dessine des couvertures de romans, des BD comiques et érotiques, illustre des jeux de rôle, pratique la peinture sur corps. Avec la «  Cie planète color  » il participe à des spectacles de «  la nouvelle esthétique  » qui l’emmènent à Moscou et en Martinique. C’est dans cette île des Antilles qu’il se prend de passion pour le bateau. Convoyages d’embarcations, régates, il fait son apprentissage de marin sur le tas. L’apprentissage de la mer Quand on observe ses amples univers de science-fiction, on est intrigué par son choix de vivre sur un bateau, un endroit plutôt étroit, où il ne faut pas avoir la folie des grandeurs, même si hors de la coque, même si sur le pont le panorama est large. Mais lorsqu’on regarde de plus près ses vignettes aux détails si précis, on se dit que cet artiste bohême dans l’âme s’accorde bien à la méticulosité d’un navigateur conscient que la mer ne pardonne rien ! Unique garçon d’une famille de six enfants, Alexis Santucci a toujours croisé le parcours artistique de ses cinq sÅ“urs qui chantent, écrivent ou peignent. En ce moment c’est avec l’une d’elle, Vanina, qu’il travaille à une nouvelle bande dessinée. Est-ce la conséquence de cette collaboration ? Son style est plus épuré, son récit plus dépouillé. Bref, un ton neuf et plein de promesses. Michèle Acquaviva-Pache Â