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OFFENBACH : EXTRAITS D’OPERETTES

jeudi 8 novembre 2012, par Journal de la Corse

Quand Bizet découvrit « Les Contes d’Hoffman », il déclara : « J’avais pris Offenbach pour un petit musicien. Je m’étais trompé ». Ces mots de l’auteur de Carmen sont décisifs. Toutefois, c’est du compositeur d’opérettes célèbres dont il sera question dans cette approche du contenu d’un album captivant. Son titre : Offenbach. Orphée aux enfers, La belle Hélène, La Péricole, La vie parisienne (extraits). (1).L’Orchestre et les chœurs du Capitole de Toulouse placés sous la direction de Michel Plasson sont les exécutants de ce CD remasterisé en 2004. Les solistes de scène comprennent des artistes qui nous ont laissé des témoignages de haut talent. Citons notamment : Gabriel Bacquier, Teresa Berganza, José Carreras, Mady Mesplé, Jessye Norman. Compositeur Allemand naturalisé Français, Offenbach se fixa à Paris. Dans sa vaste production se reflète la France du Second Empire qui y fait l’objet de satires enjouées. Sans doute Saint Saëns n’avait pas tout à fait tort de considérer l’assimilation par Offenbach des caractères du style français comme insuffisante. Mais ce fut justement cette acculturation qui conféra à son écriture musicale une grande force corrosive. Cinq extraits d’Orphée aux enfers constituent la première partie de cette anthologie qui compose l’album. L’œuvre fut l’un des premiers grands succès du compositeur. C’est une satire des mythes antiques autant que de leur réinterprétation au XVIIIe siècle ainsi que du pouvoir. Nourri de galops fameux et de mélodies que seul un authentique génie pouvait concevoir, l’Orphée s’entend à merveille à tourner en dérision les puissants et leurs petitesses. (M. Robinet) L’Antiquité ressurgit dans La belle Hélène. L’ouvrage resplendit d’airs fameux. Ce sont surtout les Ensembles qui y sont privilégiés. La Péricole est une satire politique qui se double d’un état des lieux de la société de l’époque, crûment énoncée. Un indéniable chef d’œuvre. Un autre grand succès d’emblée et qui se maintient au répertoire. La Vie parisienne enfin est aussi une satire de même nature. « C’est une musique déguisée, écrit René Leibowitz (1913-1972), en même temps qu’elle est une musique de déguisement. Déguisement des personnages mais aussi déguisement de la mélancolie, de la nostalgie d’une innocence perdue qui revêt pour cela l’habit de la gaieté la plus folle et la plus exubérante ». (2)

Vincent Azamberti

(1) EMI Classics 7243 5 622929 2 S

(2) René Leibowitz : musicologue, chef d’orchestre et compositeur Français d’origine russo-polonaise. Ardent défenseur de la musique dodécaphonique.

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