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MUSIQUE FRANCAISE POUR QUINTETTE Α VENT

jeudi 14 février 2013, par Journal de la Corse

C’est une chronique quelque peu exigeante. Sous la plume de Denis Verroust, présentateur du disque choisi aujourd’hui, ces propos : « Après la fondation en 1795 du Conservatoire de Paris, la formidable émancipation dont bénéficièrent les instruments à vent les mit d’abord en valeur en tant que solistes et plusieurs générations de virtuoses devaient par la suite en tirer le plus grand des prestiges ».

N’oublions pas que durant des générations les instruments à cordes furent non seulement privilégiés mais presque les seuls à produire de la musique classique. Quel événement survint quand au XIXe siècle, avec Berlioz, Wagner et Bruckner, les instruments à vent trouvèrent enfin leur place dans l’orchestre symphonique et dans la musique de chambre ! Une nouveauté tout à fait exceptionnelle ! Et lorsqu’apparut au lendemain de la seconde guerre mondiale une génération de virtuoses hors du commun, des œuvres demandant l’apport d’instruments à vent se multiplièrent. On trouvera dans un album de choix intitulé « Musique française pour quintette à vent »(1) des œuvres d’une grande finesse et du meilleur goût, signées Jacques Ibert, Jean Françaix, Henri Tomasi et Thierry Escaich, tous compositeurs du siècle dernier. C’est le quatuor Aquilon qui prête son concours à cette réalisation. Les « Trois pièces brèves » de J. Ibert constituent un joyau incontournable du répertoire pour quintette à vent. Elégance, humour et raffinement. « L’ingéniosité de l’écriture, note Tristan Klingsor, la parfaite adaptation de chaque ligne à l’instrument qui la dessine...voilà pour moi de la vraie musique ». Le premier quintette à vent de Jean Français fut composé pour le quintette de l’Orchestre National. L’oeuvre séduit par une grande brillance et un humour débridé. Il est d’une exécution difficile. Cela ne l’empêche pas de faire le tour du monde. La gouaille et le burlesque y sont de mise. Chaque instrument y rivalise de malice et de virtuosité. Dans une veine plus sérieuse, Henri Tomasi attribue une part importante de sa production aux instruments à vent. Parmi ses trois quintettes à vent deux sont originaux pour cette formation. « Les cinq danses profanes et sacrées » sont une transcription d’une œuvre écrite deux ans auparavant pour orchestre de chambre. L’instrumentation est idéalement ajustée à la formation réduite du quintette à vent. Une page aussi séduisante que spectaculaire. Chacune des partitions de Tomasi est un voyage à la rencontre d’autres façons d’être et d’aimer. Quant à Thierry Escaich, lui non plus n’ignore les vents. Ses « Instants fugitifs » reflètent l’aspect mystique et l’atmosphère si particulière de sa musique. Le Quintette Aquilon ne démérite pas dans l’exécution de tous ces pages forts délicats.

Vincent Azamberti

Editions Laureat REF. 070.140-DDD

Sources : texte de présentation de l’album (Denis Verroust)

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