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Mémoire vivante d’une enfance insulaire

jeudi 27 septembre 2012, par Journal de la Corse

Comme le disent si justement Jean-Pierre Castellani et Leïla Sebbar dans leur préface : « Pas d’enfance corse sans village. Pas de Corse non plus ». Ce recueil d’histoires d’enfance insulaire est tout à la fois la mémoire vivante de la Corse depuis les années 30 et une ode à la jeunesse, à son regard sur l’île, à son vécu.

Vingt-trois auteurs

Vingt-trois plumes racontent leur enfance, une fresque quasi historique qui couvre des années 1930 jusqu’à aujourd’hui. Jean-Pierre Castellani et Leïla Sebbar ont compilé les textes d’Anne-Xavier Albertini, Francis Beretti, Macro Biancarelli, Jérôme Camilly, Michèle Castelli, Jean-Jacques Colonna d’Istria, Jérôme Ferrari, Jacques Fusina, Olivier Jehasse, Annette Luciani, Catalina Maroselli-Mattéoli, Dominique Memmi, Pretu Santu Menozzi, Faston Piétri, Jean-Baptiste Predali, Jean-Pierre Santini, Constant Sbraggia, Jean-Paul Sermonte, Minna Sif, Paul Silvani, Jeanne-Marie Siméoni, Jacques Thiers, Marie-Jean Vinciguerra. Cela représente des points de vue de générations diverses, comme un album de souvenirs ouvert à n’importe quelle page du temps. Les photos des auteurs enfants sont comme des clins d’œil à ces époques, à cette jeunesse passée et racontée.

La Corse pour racine

Les auteurs sont nés de familles de Corse, du continent ou du Maghreb. Ils ont passé leur enfance à Porto-Vecchio, Bastia, Ajaccio, Corte, l’Ile-Rousse, dans des villages de bord de mer, ou de montagne, Bocognano, Ortale, Sisco… Autant de visages de l’île, autant de souvenirs donnés à lire. Avec beaucoup de sonorités corses, la présence de la famille, des lieux sacrés de l’enfance, comme la fontaine de Bastia, d’Ajaccio, de San Nicolao où l’on remplissait les bouteilles… « à la claire fontaine, m’en allant promener… » La Corse comme un terrain de jeu immense, terre de découvertes, d’initiation, de souvenirs chéris. « Plus fascinant pour moi était le moment d’ouvrir les armoires de mes grands-mères, auxquelles je n’avais pas accès ». Les générations passent, laissant des traces qui rendent les souvenirs vivaces, « Rien n’est plus vivant, au fond, que le rêve, celui d’une île de tous les possible, ouverte », ainsi que l’écrit Annette Luciani.

Myriam Mattei

Jean-Pierre Castellani et Leïla Sebbar, Une enfance corse, Colonna Édition, 257 pages, 20€

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