L’essai politique est une prise de parole. Alexandre-Guillaume Tollinchi, aujourd’hui à la tête de l’Unione di a Diritta Corsa (Union de la Droite Corse – UDC), donne ici son point de vue sur l’identité corse, dont le fond est « plus ibère que latin, d’où une réserve et une gravité qui contrastent avec la couleur et la chaleur de l’environnement ambiant ». C’est un livre engagé, partisan, dans lequel l’auteur assume sa parole et donne sa vision de ce que représente l’identité corse aujourd’hui. Essai politiqueLoin de « jeter à la pierre à tous ceux qui se battent pour la défense des fondamentaux de l’identité corse », Alexandre-Guillaume Tollinchi, homme politique, humaniste et légaliste qui se destine à être avocat, replace le débat, montrant qu’il en connaît les contours et les enjeux, afin de donner à son argumentaire plus de poids. Il reprend tout ce qui se dit sur le sujet, d’un point de vue culturel, proprement méditerranéen, sans jouer sur la fibre « corsitude ». Il nourrit ses idées de références légales, historiques et culturelles, notamment sur l’évolution de la langue, de la place de la famille, de la religion, de l’économie. Il ne met pas de côté le sujet de l’immigration, bien au contraire, consacrant un chapitre à la « problématique migratoire ». « On ne peut pas se satisfaire d’une société qui tend à devenir xénophobe. C’est la pire des choses. »Étayer l’argumentationEn donnant des indications bibliographiques, comme le livre de Joseh Weiler, L’Europe chrétienne, sur le sujet de la religion, ou des citations de la Constitution de la Ve République, ou encore le préfet de Corse, Stéphane Bouillon, sur son site Internet, ou encore la sourate, Alexandre-Guillaume Tollinchi donne au lecteur des clés de compréhension de son analyse, de son cadre de référence très éclectique. Il montre son ouverture, la volonté qu’il souhaite porter pour la nouvelle génération, plus ouverte sur les autres, tout en se réappropriant son identité corse, forte et portée sur l’avenir, plutôt que passéiste et refermée sur elle-même. Myriam MatteiAlexandre-Guillaume Tollinchi, Le peuple corse, une identité menacée ?, les éditions Anima Corsa, 118 pages, 16 €Citation : « Devenir xénophobe c’est la pire des choses »