LIVRE

mercredi 27 octobre 2010, par Journal de la Corse

Livre Transmission du merveilleux Paul Dalmas-Alfonsi, sociologue, a déjà écrit de nombreux livres, qui tous portent cette même passion pour la langue corse. Il renouvelle l’exercice en livrant un conte pour enfants in nostra lingua, traduction en regard, et en dévoilant les dessous d’une histoire empreinte surtout, à l’origine, d’oralité et lui donnant à travers son analyse un caractère universel. Raconter une histoire Felice Orsini est la conteuse qui exorcise les peurs des enfants en leur racontant des histoires… qui font peur. Paul Dalmas-Alfonsi reproduit en mots une histoire qui se transmet de génération en génération, à la veillée, ou avant de s’endormir, qui a d’autres prénoms pour le héros selon les régions, mais dont la trame narrative reste identique. En écrivant l’histoire racontée par Felice Orsini, originaire du Fiumorbu, Paul Dalmas-Alfonsi inscrit ce conte d’action dans une pérennité nouvelle et en démontre son « universalité ». En décortiquant les sens, les significations, les motif et les styles de ce conte, l’auteur-rapporteur lui donne une autre dimension, le plaçant dans un genre, hiérarchisant son importance et sa portée symbolique. Un conte pour enfants « Quand’eramu chjuchi, ghjera a nostra fola ». Parce que ce conte est une histoire pour enfants qui se passe dans le merveilleux. Ficchitinu, à l’instar d’un fameux Grossu Minutu, est un petit malin, capable de jouer des tours pour s’en sortir et qui finira par avoir raison des sorcières, les méchantes de l’histoire. Paul Dalmas-Alfonsi met en parallèle d’autres contes pour enfants, qui ont en commun de confronter le héros à des problèmes existentiels majeurs et très graves (enlèvement, vieillissement, magie noire…). Il ne s’agit donc pas d’histoires sécurisantes, mais d’histoires qui permettent aux enfants de s’identifier au héros et de voir comment il va se sortir de situations compliquées et périlleuses, le mettant clairement en danger. Et Paul Dalmas-Alfonsi de bien donner les clés de compréhension sur la morale de l’histoire. Car le conte a une vertu essentielle : celle de posséder intrinsèquement une dimension esthétique et fonctionnelle. Myriam Mattei Paul Dalmas-Alfonsi, Ficchitinu et les Sorcières, Cismonte è Pumonti éditions, 95 pages, 10€ Citation : « …qui finira par avoir raison des sorcières. »

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