Vengeance nordiste La plus nordique des auteures corses signe un nouveau polar avec le commandant Leoni, rattrapé par son passé. Elena Piacentini, à l’instar de son héros, est une insulaire plongée dans la vie lilloise. En passionnée de polar, elle sait manier le suspens pour tenir le lecteur en haleine et brouiller les pistes, emmenant Leoni dans une troisième enquête entre le Nord et la Corse. Troisième enquête Après «  Un Corse à Lille  » et «  Art brut  », Elena Piacentini emmène son super-flic sur une enquête très spéciale, comme si le tueur s’adressait directement à lui, l’obligeant à faire appel à ses amis d’enfance, faisant un pont entre Lille et l’île . Une enquête sur les pas d’un assassin sanguinaire qui s’en prend à des jeunes femmes en pleine grossesse, laissant sur leur corps de curieuses marques. Le meurtre de Christelle Gallois, mutilée alors qu’elle était enceinte, semble à ajouter au compteur d’un tueur à gages surnommé Molloch. Une piste qui mêlera religieux, rituels sacrificiels, fanatiques et histoires familiales troubles, laissant bien des cadavres pour la remonter. Un polar, à la lisière d’un roman d’action, tant les écheveaux de l’intrigue sont nombreux et sont déroulés à un rythme soutenu. Trame noire Lorsqu’Elena Piacentini tisse la trame de son intrigue, elle n’oublie pas les liens qui unissent Pierre-Arsène Leoni avec la Corse, ni le caractère particulier du commandant, pas plus que les coulisses policières. Les personnages secondaires et l’intrigue viennent renforcer les nombreuses pistes que l’auteur place à l’épreuve de la sagacité de son lecteur. Et si toutes ces pistes n’étaient qu’un prétexte pour mieux mettre Leoni à nu ? Car cette histoire, en suivant les détours des pistes et les multiples hypothèses, permet d’aller explorer les zones d’ombre, de se confronter avec des natures humaines obscures. Traquer un criminel qui emprunte aux rites d’un dieu maléfique, «  un homme ne laissant pas plus de trace qu’une ombre  », met Leoni en danger, donne l’occasion à l’auteur de faire un clin d’œil aux héros d’Andrea Camilleri. Car Elena Piacentini est tombée dans le polar quand elle était petite et fait partager sa passion par une plume palpitante pour servir une histoire sombre et tortueuse. Myriam Mattei Elena Piacentini, Vendetta chez les Chtis, éditions Ravet-Anceau, 275 pages, 12 € Citation : «  Laissant sur leurs corps de curieuses marques  » Â