LIVRE

vendredi 20 août 2010, par Journal de la Corse

Livre Voyage intérieur Marie-Françoise Poizat-Costa a déjàécrit des ouvrages sérieux, où la Corse était au cÅ“ur des problématiques abordées. Aujourd’hui, Un balcon àBastia présente une forme de plongée intérieure, une errance personnelle revenant sur les traces d’un passé jamais enfoui. Le livre oscille entre essai et roman pour offrir aux lecteurs des plages d’introspection et de découverte, tout en laissant la place au questionnement et àl’imagination. Le fil des souvenirs Lorsque Marie-Françoise Poizat-Costa écrit un roman, on ne peut ignorer ses « Â autres vies  », tant la philosophie et l’anthropologie transpirent dans le récit, et tant la plume journalistique vient rythmer l’histoire, avec des phrases courtes, qui font mouche, et des descriptions entrecoupées de réflexion et d’une part d’interprétation. De Turin, àPise, en passant par Lyon, Paris, pour arriver àBastia et àCorscia, l’auteur dénoue des souvenirs, replace le présent, décrit des paysages, des ambiances, donne un point de vue sur la vie, en les donnant àdire ou penser àSandrine, une héroïne ordinaire, dans lequel le lecteur pourra facilement trouver des similitudes avec des connaissances ou se projeter. Sur les traces d’un passé conjugué au présent Il est des lieux avec des points communs qui peuvent faire basculer vers des souvenirs et des élans de nostalgie. C’est ainsi que Sandrine, l’héroïne du roman, se retrouve àpenser àla place Saint-Nicolas alors qu’elle est en voyage en Italie, la place de Bastia étant « Â une place italienne ouverte sur la mer  ». Elle se remémore les lieux, ces endroits « Â comme cause d’excitation intellectuelle, artistique. Ces places où il se passe des choses, où les gens se rencontrent, où la vie éclate et se révèle, où les émotions et les sentiments naissent de rencontres fortuites, comme avec Augustin. Comme aussi le village, « Â u paese, lieu de son enfance, de son affection pour l’île. Lieu de retrouvailles entre cousins et amis. Lieu de liberté, de pensée. Lieu de création. Lieu d’amour  ». En quelques mots tout est dit, ou presque. C’est ainsi que l’on suit Sandrine dans ses errements et son retour au village, faisant connaissance avec son intimité. Myriam Mattei Marie-Françoise Poizat-Costa, Un balcon àBastia, L’Harmattan, 136 pages, 13,50 €  

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