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Les vies de Roger Grosjean

jeudi 4 octobre 2012, par Journal de la Corse

Lorsqu’un fils publie un livre sur son père, on s’attend en général au moins à du pathos, ou du règlement de comptes, voire des révélations croustillantes. François Grosjean, professeur honoraire et ancien directeur du Laboratoire de traitement du langage et de la parole de l’Université de Neuchâtel, n’a pas choisi cette voie pour la biographie sur Roger Grosjean, un archéologue qui a largement contribué à faire connaître les sites de Filitosa, Foce, Balestra, Torre, Cucuruzzu, Cauria, etc. Il a opté pour faire découvrir la vie de ce personnage à la vie si intense au travers de documents personnels et d’archives publiques, guidant le lecteur sur les traces d’un aventurier du siècle dernier au destin peu ordinaire.

Vie intense

Qui fut cet archéologue français spécialiste de la préhistoire corse qui a mis au jour les sites de Filitosa, Sartène, Levie et tant d’autres ? Un aventurier, assurément. Un physique à la Clark Gable, fine moustache, yeux perçants, sourire charmeur, intelligence vive, principes élevés. On pourrait l’imaginer espion… et il le fut ! Pilote de chasse de l’Armée de l’air démobilisé, il rejoint les Forces Françaises Libres après avoir fait croire aux Allemands qu’il allait espionner pour leur compte alors qu’il voulait rejoindre l’Angleterre et intègre le bureau des FAFL. Décoré pour ses faits de guerre, lorsqu’il rejoint la vie civile, il s’essaie à plusieurs métiers avant de s’adonner à sa passion : l’archéologie préhistorique. Il va suivre des cours, intègre le CNRS, et s’installe en Corse. On suit ce parcours via des photos montrant cet homme en situation ou en portrait selon le contexte, comme un album de famille partagé avec tous.

Passion archéologie

Si le nom de Roger Grosjean figure dans bon nombre de guides traitant de la Corse, notamment à la rubrique « sites archéologiques », c’est parce que cet archéologue reste une référence pour ces lieux de fouilles. L’une des premières missions de Roger Grosjean sur l’île fut de recenser les sites, gisements et monuments pré- et protohistoriques et d’établir une classification des civilisations et cultures concernées. En guise d’héritage, il laisse des documents très riches, aujourd’hui encore sources des recherches sur ces sites, comme l’attestent également les témoignages qui figurent dans ce livre hommage très documenté, d’un fils à son père méconnu, et pourtant illustre.

Myriam Mattei

François Grosjean, Roger Grosjean – Itinéraires d’un archéologue, éditions Alain Piazzola, 62 pages, 15€

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