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LES CHANTS DE CORSE

vendredi 28 juin 2013, par Journal de la Corse

Parcourons de nouveau le bon livre que le regretté Antoine Massoni avait, en 2006, consacré aux musiques de Corse pour en tirer cette fois une chronique réservée aux chants dont on croit trop souvent et à tort bien connaître tout ce qui les concerne. Bien des aspects de ce sujet sont encore à découvrir pour les non-initiés. Et ceci depuis surtout que le « riacquistu » né dans des années 70 du siècle dernier a suscité de nouveau et enfin un intérêt productif. Tout d’abord et à l’instar de l’auteur de l’ouvrage désigné, procédons à l’identification des intervalles de notre échelle musicale. En clair, quand on observe notre chant traditionnel, on s’aperçoit que celui-ci s’inscrit dans une logique où la hauteur des sons a une importance capitale. Qu’en est-il du rythme à présent ? On choquait encore dans les années 80 nombre d’amateurs de musique corse pour qui les percussions n’avaient jamais existé. Il est vrai qu’à la fin du XXe siècle la plupart de ces instruments avaient pratiquement disparu, mais le rythme, lui, était bel et bien toujours là grâce au style imposé aux chanteurs et qui caractérise fortement le chant corse. Et les chants du bestiaire ? Ils puisaient et puisent encore leur source dans les temps les plus reculés. Ils constituent le lieu tangible entre les rites encore en usage et ceux de l’antiquité. Les lamenti sur les animaux disparus portent l’empreinte des bergers et des chasseurs qui défrichaient le maquis pour tracer des sentiers souvent escarpés. Sur ces mêmes chemins se côtoyaient l’affût et l’exécution des « mazzeri » avec leur science nocturnes. Pour les mazzeri, voir les travaux de Dorothy Carrington, Claude Faucheux, Pierre Lamotte, Roccu Multedu, Lucie Desideri,etc.. La tradition musicale corse est constituée d’un agrégat pluri-culturel qui, au fil des siècles, a trouvé par la pratique orale sa propre cohésion. Force de la tradition orale qui ne peut matériellement pas se détruire comme un livre ou une maison. A noter encore, pour une meilleure connaissance des mazzeri, l’exigence d’une unité de lieu. On pense aux cols, lieux de communication terrestre où,comme au col de Prato, se perpétuaient les joutes des « chiami » e « rispondi ».

Vincent Azamberti

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