Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre d’une artiste complète. Chanteuse, musicienne, peintre, créatrice de bijoux : l’univers éclectique de Sophie MAUREL est multiple. Avide de lumière, de couleurs et de vastes horizons, elle tente de mettre un peu de son île dans chaque création. La peinture qui est son art premier pourrait être définie de la sorte : joyeuse, vive, colorée mais qui donne à penser, à découvrir à travers le paysage, l’humain. Créer dans son île et s’inspirant des hommes et des femmes qui y vivent tel est le credo de cette jeune artiste ajaccienne.
Racontez-nous votre parcours de créatrice
Après un bac Arts plastiques, j’ai obtenu à l’Université de Corse un DEUG Arts plastiques/Arts appliqués. J’ai pousuivi mon parcours universitaire à Aix- en-Provence et décroché une Licence d’Arts plastiques. De retour à Ajaccio, j’ai développé ma pratique artistique à travers quatre thématiques : « Langage du corps, reflet de l’âme », « Allégories picturales suprasensibles », « Du regard au geste créateur : Corsica » et « La collection MS Design : Arts graphiques et objets ». Puis, j’ai créé mon entreprise « MS DESIGN » en 2010. Ainsi, j’ai pu exposer mes créations dans des galeries et les diffuser également à travers internet sur le site « artmajeur.com » où est présenté l’ensemble de mon travail et sur les réseaux sociaux.
Votre univers et vos créations ?
Ma démarche peut se résumer dans le titre d’un ouvrage de Didi Huberman : « Ce que nous voyons, ce qui nous regarde », un travail créatif mêlant la contemplation et l’introspection. Je fais des études préparatoires et prend des notes, c’est une manière d’apprivoiser le sujet. Un flot d’images et de sensations colorées. Le fait de prendre aussi en photo les changements opérés par le geste, me permet de mieux appréhender la gestation de la thématique. Ce qui m’intéresse dans la composition figurative, c’est la dynamique des corps et le jeu des regards qui devient un langage, une poétique du geste. La polychromie permet de donner une vibration émotionnelle, « de donner corps aux corps figurés », de créer une atmosphère plus intense que la figuration seule. Ainsi, il me plait d’exprimer des situations de vies en leur donnant une fonction expressive et poétique empruntant le précepte horacien « Ut pictura poesis », littéralement traduit par « il en va de la peinture comme de la poésie ». Sur la toile vierge, sur la page blanche, tout est structuré et déployé dans la littéralité de mon image mentale, mon dessin est dessein intérieur pour laisser se diffuser une énergie onirique positive. Dans les « Allégories picturales suprasensibles », la ligne noire définit l’idée, c’est une sorte d’écriture dans l’espace immaculé de la toile. La pensée métaphysique, le concept théologique et poétique se matérialisent dans la forme évoquée.
Quelles sont vos sources, influences, vos inspirations ?
Elles sont diverses et variées. Mon parcours est jalonné de rencontres artistiques et humaines qui ont enrichi ma pratique et ma réflexion. Dans mes recherches, j’ai été inspirée par de nombreux peintres tant par leurs techniques, leurs philosophies de vie ou leurs théories tels que Léonard de Vinci, Géricault, Raphaël, Van Gogh, Monet, Zao Wou Ki, Sama, Rembrandt, plus récemment Danièle Stefanaggi, Jean-Do Leschi (Morphogénèse), Morio Matsui et bien d’autres encore. La lecture d’ouvrages et théories dans des domaines divers impulse et stimule ma créativité. Par exemple, deux ouvrages de Michel Onfray m’ont inspiré deux tableaux dont l’un porte le titre d’un de ses livres, « Le désir d’être un volcan » et l’autre, « L’hédonisme du psychisme » inspiré du « Journal hédoniste ». Il en va de même avec Martin Heidegger avec un jeu de mot pour le titre du tableau « L’être et l’étang ».Ce peut être également des citations d’œuvres classiques comme « Le radeau de la Méduse » de Géricault dans « Ecce homo » ou « la Madone à la chaise » de Raphaël dans « Occupe-toi de ceux qui te regardent ». Mais aussi, une photographie, un paysage, une attitude… Il faut que cela me parle et impulse l’acte créateur.
Vos projets à venir ?
Poursuivre mes travaux sur la Corse à l’aquarelle, à l’huile et développer des pendentifs peints à la main. Quelques projets de collaborations en tant qu’illustratrice mais aussi de chanteuse, une autre de mes passions qui m’a permis de faire la connaissance de Pierre-Louis DESINI, pianiste, arrangeur et programmateur. De cette rencontre est né le duo Via Lounge fondé en 2011 à Ajaccio. Nous proposons un mélange de smooth jazz, de lounge, de variété internationale évoluant à travers un univers musical mêlant ambiances jazz, latino et lounge composé de standards revisités interprétés en anglais, italien, espagnol et français. Un mélange de modernité dans la programmation de musiques réorchestrées et d’ancien en référence aux reprises de chansons célèbres.