Cette semaine encore, le JDC vous livre une sélection des albums BD incontournables qui viennent de paraître.
Casanova – Luxuria (tome 1)
Nouveauté aux éditions Urban Comics, avec l’arrivée en librairie de « Casanova », tome 1, intitulé « Luxuria ». Les auteurs, Matt Fraction, Gabriel Bà et Fabio Moon, nous livre un album inclassable, psychédélique et décalé. La famille Quinn est à la tête de l’E.M.P.I.R.E., une agence en charge de la sauvegarde de la Terre. Patriarche respecté, Cornélius Quinn dirige ses agents d’enfants : si la faille, Zéphyr, semble être un élément prometteur, Casanova mène une vie nonchalante, ne poursuivant pas vraiment de but. Mouton noir de la famille, mais héros au chic incontestable, Casanova voyage à travers les espace-temps et endosse malgré lui le costume d’agent double, pris dans un jeu d’espionnage à grande échelle entre agences concurrentes. A travers ses missions et contre-missions, l’agent Casanova nous entraîne dans une transe haletante qui semble sans limite. Sexe, drogue, rock’n roll, trahisons, conspirations et robots sont au menu de cette série qui démarre sur un rythme explosif.
Le Zouave - Olympe (tome 2)
Sur un scénario de Renot et des dessins d’Ersel, les éditions Glénat viennent d’enrichir leur collection Grafica avec le deuxième épisode de la série « Le Zouave ». Les auteurs nous révèlent la fin d’une quête de vérité et de justice, sur fond de révolution mexicaine. Alexandre, engagé comme zouave pour échapper à l’accusation d’un crime qu’il n’a pas commis à Paris, est rattrapé par son passé alors qu’il regagnait sa garnison au Mexique. Il est donc mis sous les verrous pour être jugé. Mais étant donné les revers militaire, les généraux proposent à Alexandre de retrouver une semi-liberté à condition de mettre à leur service sa connaissance du pays, et de partir à la recherche des révolutionnaires et de leur chef. Avec quelques-uns de ses camarades, dont Crayon, il part donc le long du Rio Grande pour mener à bien cette mission qu’il n’a pu refuser.
Abymes – Troisième partie
Quand Valérie, étudiante dans le quartier latin dans les années 1990 découvre par hasard un album de bande dessinée réalisé par son homonyme dans la collection Aire Libre, la coïncidence l’amuse. Mais lorsqu’elle cherche à racheter l’album, vraisemblablement dérobé par ses coreligionnaires au foyer de jeunes filles qu’elle habite, elle s’aperçoit qu’il n’est référencé nulle part, et qu’elle semble même être la seule à l’avoir jamais tenu entre ses mains. A partir de ce rendez-vous manqué, Valérie Mangin, la scénariste de cette série, développe une intrigue construite comme un polar, avec ses faux hasards et ses vraies coïncidences, sur la trame bien réelle de sa propre vie. Etablissant des ponts avec les tomes précédents, les auteurs nous entraînent dans une partie de cache-cache où se mêlent le vrai, le fictionnel et le vraisemblable. Car après la vraie-fausse biographie de Balzac, et le vrai-faux tournage de l’ultime film d’Henri-Georges Clouzeau, Valéria Mangin transporte le lecteur dans un récit dont elle est, elle-même, la principale héroïne. Avec la complicité de Denis Barjam aux dessins, le récit garde toute son intensité. Une réussite.
Francescu Maria Antona