Vœux du nouvel an entendus sur les trottoirs des villes. Le « meilleurs vœux » triomphe à tout venant suivi du « bonne et heureuse année ! » Usage de la langue française à 90% chez les jeunes. Le « Pace e salute », très loin derrière, chez les adultes et seniors. Voilà qu’un sondage assez inattendu vient apporter un élément de certitude à ce qui n’était qu’une estimation à vue de nez. Cette fois la science des sondeurs ne laisse plus de doute, et paraît même surprenante. Surprenante par l’effet d’un récent martellement sur la coofficialité de cette langue qui devient de moins en moins l’idiome maternel et parental. Un sondage Opinion of Corsica quant à la langue la plus légitime en Corse. « Quelle langue faudrait-il parler, à votre avis dans l’avenir en Corse ? » : seulement le corse, 3%, le corse et le français, 7%, seulement le français, 90%. Effectivement, ce sondage paru dans La Corse votre hebdo (qui n’est pas le nôtre), nous apprend que 64% des enfants jusqu’à l’âge de six ans ont le français comme langue maternelle. Seulement 26% de ces enfants ont eu le corse dès le berceau. Difficile, dans ces conditions, l’Assemblée de Corse peut-elle justifier l’usage de la coofficialité obligatoire et l’imposition impérative, à tous les fonctionnaires présents en Corse de pratiquer obligatoirement la langue corse et la vérification de cette pratique par un examen ? Il semble bien que l’on mette la charrue avant les bœufs ou que le bœuf précède le lièvre dans la course comme on dit en Corse. La pratique du corse dès la naissance dans les familles d’origine corse ne pourra pas être remplacée par des mesures artificielles, comme la coofficialité. C’est de ce côté qu’il faut agir par des campagnes d’encouragement, comme il faut pousser aussi du côté de l’école, tout en sachant que celle-ci ne remplace pas les parents. Déjà on peut constater les ravages que font les barbarismes innombrables à la télévision chaque jour qui passe. Les tournures naturelles et traditionnelles ont disparu. Son caractère propre et son génie sont ruinés. Une langue perd alors son authenticité. Le corse ne pourra plus être sauvé par des obligations juridiques et le sondage est là pour le prouver. Son salut, si tant est qu’il puisse intervenir, sera avant tout naturel et volontaire.
Marc’Aureliu Pietrasanta