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Le pépé fantôme débarque en Corse

jeudi 19 mai 2011, par Journal de la Corse

Bd pépé fantome

Décidément, les albums BD sur la Corse se multiplient. Indépendamment de la production insulaire, qui a trouvé son rythme de croisière, les albums réalisés sur le continent s’accumulent également. Après « Astérix en Corse », « Marine en Corse », l’« Enquête corse » ou les (piètres) « Blagues corses », voici à présent « Mon pépé est un fantôme – Saison corse ». Aux dessins de cette série familiale, Olivier TaDuc, un habitué du festival de la BD d’Ajaccio, et Corse par alliance et d’adoption... Nous l’avons rencontré. Il nous présente son album.

Après Astérix, Jack Palmer ou Marine, voici Napoléon en Corse... ça coule de source finalement non ?

Quand on a imaginé l’univers de la série avec Nicolas Barral, il était convenu que Napoléon Tran, qui a une maman d’origine corse irait passer ses vacances d’été sur l’île de beauté. C’était, pour nous, l’occasion rêvée de mettre en avant les magnifiques paysages de la Corse. La fiction rejoint la réalité car mes enfants sont dans la même situation que le petit Napoléon, ils sont à moitié vietnamiens et à moitié corses et passent donc leurs vacances scolaires d’été dans leur île préférée. C’est l’occasion pour eux de retrouver comme dans l’album leurs grands-parents et tante ainsi que tous leurs petits copains corses.

Dessiner la Corse, c’est quelque chose qui vous faisait envie ?

J’avais très envie de le faire, car j’adore dessiner la nature, les vieilles pierres et les animaux. Je me suis vraiment régalé. Ma préoccupation principale, par rapport aux trois tomes précédents, a été de mettre en valeur les paysages de Corse, ce qui donne une mise en images plus variée avec occasionnellement de grandes images pour y montrer l’espace dans lequel évoluent nos personnages. Pour simplifier, la mise en scène y est plus cinématographique alors que pour les précédents elle était plus théâtrale.

« Mon pépé est un fantôme » est une chronique familiale. L’adapté à la « sauce » corse, est-ce que cela a été difficile ?

Nicolas Barral, le scénariste, a été mis dans l’ambiance corse grâce aux anecdotes que j’ai pu glaner sur place, et puis vivre au sein d’une belle famille corse dans un village corse permet d’être au plus près des us et coutumes locales. Cette histoire a d’ailleurs été imaginée à l’époque où les incendies faisaient rage de façon spectaculaire en Corse. J’ai d’ailleurs pu voir de mes yeux les conséquences de ces ravages. C’est impressionnant !

Difficile de ne pas tomber dans le cliché lorsqu’on peint la Corse, avez-vous travaillé avec le scénariste pour éviter ce genre de pièges ?

Je crois qu’on ne s’est surtout rien interdit… On a joué avec certains clichés, mais avec pour seule exigence que cela soit drôle. Et je crois modestement que ça l’est.

Après Chinaman, qui était un western, la transition a-t-elle été difficile avec « Mon pépé est un fantôme » ?

Il a fallu en quelque sorte réapprendre le dessin après toutes ces années de dessin réaliste. Mais il a fallu repenser également à la façon de raconter, car l’humour fonctionne suivant des codes qui sont très éloignés de ceux de la bande dessinée d’aventure. C’est d’ailleurs cela qui m’a motivé pour changer de registre, le sentiment de vertige… Je me suis littéralement lancé dans l’inconnu. J’ai tout de même eu la chance et l’avantage de profiter de l’expérience de mon scénariste Nicolas qui est par ailleurs le brillant dessinateur de « Baker Street » et « les aventures de Philip et Francis », deux séries humoristiques de haut vol.

Allez-vous venir présenter votre album en Corse prochainement ? A Ajaccio ?

Oui, il est d’ailleurs prévu que je vienne à Ajaccio au festival BD (Festa di a BD corsa) au mois d’octobre. Sinon, je passerai bien évidemment en Corse cet été comme pratiquement tous les ans, mais ce sera en dehors du cadre du travail.

Francescu Maria Antona

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