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L’intégration par le sport vue par Ludovic Martel

vendredi 12 novembre 2010, par Journal de la Corse

Litterature Enseignant-chercheur à l’UMR-LISA, Unité Mixte de Recherche - Lieux, Identités, eSpaces et Activités, de l’université de Corse, Ludovic Martel vient de publier un épais dossier, sous la forme d’un ouvrage de près de 600 pages, intitulé : « Les politiques d’insertion par le sport du Ministère de la Jeunesse et des Sports entre 1981 et 2002 »*. Le manuscrit est plus particulièrement ciblé sur les jeunes des quartiers et les personnes handicapées. « L’idée de l’ouvrage c’est une analyse comparative de deux populations » souligne Ludovic Martel, « les jeunes des quartiers populaires d’un coté, d’un autre coté les personnes handicapées. En fonction des publics cibles, les politiques d’intégration ont été mises en place plus ou moins tôt puisqu’on s’aperçoit qu’il y a une hiérarchisation des publics ; autrement dit il y a des publics prioritaires et ce sont les jeunes des quartiers puisque socialement ils apparaissent dans des discours comme plus dangereux que les personnes handicapées ». Un long, long travail « Cet ouvrage est en fait issu de mon travail de thèse et l’idée c’est une trajectoire. Cette question du sport et du handicap je me la pose en fait depuis que je suis tout petit car j’ai grandi dans le milieu du handicap. J’ai par la suite investi ce milieu là en tant que professeur d’éducation physique en milieu spécialisé. En 1997, j’ai été nommé à Jeunesse et Sports à Bastia et j’ai alors travaillé sur le versus politique public. Je suis donc passé du face à face pédagogique à la mise en place de l’action publique. Cette question de l’action publique m’a interrogé au-delà de l’activité professionnelle et a pris du sens dans une activité de recherche ». Trois grandes parties composent l’imposant ouvrage : théorie et conception, méthodologie et enfin résultats au niveau national et dans un contexte local. Le sport n’est-il que positif ? « Il y a eu conflits culturels au sein de Jeunesse et Sports entre différentes manières d’aborder le sport. D’une part le sport-outil au service de, et c’est le sport mais ça pourrait être le théâtre ; là on est dans une vision plutôt éducation populaire qui renvoie à du partenariat comme les maisons de quartier, les centres sociaux et une vision très sportive, avec tout le discours commun qu’il convient à mon sens de déconstruire : le sport ça intègre, le sport ça socialise, le sport c’est beau ! - Le sport n’est valeur que de choses positives et c’est naturel - Tant qu’on ne déconstruit pas ça, on n’avancera pas car le sport ça n’est pas que du naturel ; il n’y a pas que des choses positives dans le sport. Donc à un moment donné il faut interroger la question de sport, voir ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, et c’est la manière dont on l’utilise qui fait que ça peut être favorable ou pas. J’ose espérer que mon travail, qui n’a pas vocation à apporter des solutions, pourra susciter et interroger l’action publique notamment sur le fait qu’il y a disjonction entre ce qui est préconisé au niveau central et ce qui est appliqué en local ». Propos recueilli par Ph.J. * Aux éditions « Connaissances et savoirs »

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