Les éditions Alain Piazzola publient une version revisitée de l’Histoire de la Corse. Coordonné par Antoine-Marie Graziani, ce premier volume s’intéresse aux origines et s’arrête aux années 1729, le début des Révolutions de Corse. D’aucuns s’émouvront certainement de voir un nouveau livre d’Histoire de la Corse sur les bacs. Pourtant, l’équipe de spécialistes et fins connaisseurs réunie pour la rédaction de ce nouveau document de référence aurait de quoi réduire au silence les plus sceptiques.
Pavé historique
Antoine-Marie Graziani s’est entouré d’une équipe d’historiens spécialisés pour livrer une « Histoire de la Corse » revisitée, s’efforçant de remettre la vérité et la rigueur historique au centre de tout. Fruit du travail approfondi de chercheurs prêts à bousculer quelques idées reçues, l’auteur signe une réalisation très documentée rendue parfaitement pédagogique et accessible. Près de 600 pages, comme un pavé dans l’Histoire de la Corse, qui revisite certains pans du passé insulaire, creusant les vestiges et fouillant les archives, mettant en lumière les périodes les plus reculées de l’Histoire de l’île.
Enquête d’Histoire
Il n’existe pas une Histoire mais des Histoires. Certes, les frises chronologiques sont peu ou prou communes à bien d’autres livres sur le même sujet, certes les faits rassemblés ne relèvent pas du scoop, pourtant Antoine-Marie Graziani et sa nombreuse équipe ont réussi à produire une « nouvelle Histoire de la Corse ». Parler de « nouveauté » alors que le livre évoque des périodes remontant à la Préhistoire pourrait paraître paradoxal. Pourtant, en s’attaquant à des idées reçues, en les mettant à mal à grands renforts de preuves rassemblées, les auteurs font émerger des vérités inédites sur l’Histoire de l’île. Chacun, selon sa spécialité, a travaillé sur des bouts de temps, autopsiant les textes de l’époque pour en faire émerger l’Histoire irréfutable. Ainsi est-il établi qu’il n’y a jamais eu de châteaux forts en Corse, les castelli n’étant qu’un ensemble fortifié, de dimension variable, à très petit parfois. Et encore, l’éclairage de la période génoise, qui n’était pas vraiment une colonisation, mais une occupation, seul le littoral ayant été « pris » par les Génois. La préoccupation de l’ouvrage repose aussi sur la notion de territoire, remettant la Corse dans un environnement méditerranéen. Tout est soigneusement documenté, minutieusement vérifié et vérifiable. Rigueur historique oblige.
Myriam Mattei
Collectif d’auteurs coordonné par Antoine-Marie Graziani, Histoire de la Corse, des origines à la veille des révolutions, volume 1, éditions Piazzola, 574 pages, 25€