« Avant un tour de chant j’ai toujours l’impression que je vais mourir, mais dès les premières paroles d’une chanson tout devient magique »…Francine Massiani« Donna fata »… pourquoi ce titre pour ce premier grand album ?Parce que l’univers des fées me convient bien. Parce que de l’enfance à l’âge adulte les fées m’ont toujours accompagné. Parce qu’elles ont été de toutes mes expériences, de tout ce qui m’a fait. Parce qu’enregistrer un album était mon vœu le plus cher lorsque j’avais huit ans.Et qui dit vœu dit fée ?Je suis une rêveuse que les fées ont guidée. Elles m’ont indiqué le chemin … La fée n’est-elle pas un joli symbole de la femme, à condition bien sûr de ne pas devenir une Carabosse !Vos onze chansons chantent l’amour. Il ne pouvait en être autrement ?C’est un thème qui parle à tous. Qui unit. Je n’en voulais pas d’autre pour mon album. Dans cette entreprise il y avait aussi un côté challenge puisque l’amour il fallait le décliner de onze façons différentes en abordant le sentiment maternel, la séparation et l’éloignement de deux amants, la déclaration d’amour d’une femme à un homme … Je souhaitais que tous ceux qui écoutent ces chansons puissent s’y identifier.Pourquoi vous être adressée à Jean Bernard Rongiconi pour la réalisation de « Donna fata » ?Pour avoir déjà travaillé avec lui je connaissais son professionnalisme. Je lui ai exposé mon projet en toute franchise. Il m’a fait confiance et a assuré la connexion avec auteurs-compositeurs et musiciens appelés à participer au disque.Patrizia Gattaceca vous a écrit et composé des chansons. Vous sentez-vous proche particulièrement d’elle ?Elle a mis en musique pour moi quatre chansons dont deux sur des poèmes qu’elle a écrits. Un vrai bonheur que cette collaboration ! J’ai des goûts musicaux éclectiques, travailler avec Sekli et avec Alain Franchi a également été une joie.Sur cet album Cristofanu Filippi est aussi très présent. Pour quelles raisons ?Son écriture poétique et très accessible m’a d’emblée séduite, lorsque j’ai lu ses poèmes sur son blog. Je lui ai aussitôt demandé une berceuse – « A to fata ». C’est comme ça qu’a débuté notre collaboration et qu’il m’a écrit huit titres sur onze. Il est aussi coréalisateur de l’album.Vous dites adorer la scène. Pourquoi ?C’est un exutoire. Et surtout le lieu où l’on communie avec le public. Sur scène impossible de tricher, de cacher ses défauts ou lacunes. Avant un tour de chant j’ai toujours l’impression que je vais mourir, mais dès que me viennent les premières paroles d’une chanson tout devient magique … Les fées toujours !Quelle part occupe la langue corse dans votre activité d’artiste ?Voilà une question que je ne me pose pas. Chanter en corse, pour moi, quoi de plus naturel ! C’est la langue de mon cœur, la langue que je parlais petite avec ma grand-mère, la langue qui me ressemble.Plusieurs fois vous avez chanté en duo. L’exercice vous plait ?En duo on échange. Si le charme opère, si alchimie il y a, c’est merveilleux. Avec Antoine Ciosi j’ai exaucé un rêve d’enfant. Il m’a beaucoup appris, beaucoup conseillé sans empiéter sur ma personnalité. Avec le groupe « Notte » je pense que nous avons réussi une jolie chose … Ce type d’aventure est toujours chouette.Si on vous proposait des reprises de chansons. Sur quels artistes porterait votre choix ? En corse je choisirais le répertoire des frères Vincenti parce que leurs mélodies me touchent et que leurs textes me parlent. En français ce serait Piaf ou Dalida. Plutôt cette dernière d’ailleurs parce que je trouve que c’est une incarnation de la féminité et un théâtre à elle toute seule.Ce qui caractérise une bonne interprète ?Vivre les chansons interprétées à fond si l’on veut que le public les reçoivent, d’où l’impératif d’une gestuelle et d’une expression.Propos recueillis par M.A-P