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INTERVIEW

vendredi 15 octobre 2010, par Journal de la Corse

Contact « Â Aboutir àencore plus de dépouillement et aller àl’essence de l’essentiel  » Patricia Couprie Depuis quand dessinez-vous ? Depuis toujours, mais je pense que dans mon cas il vaut mieux parler d’images. Enfant j’adorais les livres illustrés ; j’aimais les encyclopédies ; j’étais bonne en sciences naturelles … Tout ce qui avait un rapport àl’image me plaisait. Maintenant, lorsque je me sens submergée par certaines pubs dans la rue, il m’arrive de me cacher les yeux pour les épargner ! Le dessin c’est une véritable maladie chez moi. Votre formation ? Les Beaux Arts de Toulouse avec des enseignants qui étaient de véritables plasticiens. Là, j’ai beaucoup appris au plan de la théorie et j’ai beaucoup travaillé la couleur. Pourquoi la gravure ? Je ne sais plus trop … En 1997 je me suis lancée dans le dessin naturaliste. A l’époque j’ai animé un atelier àla réserve de Biguglia. Au début j’ai dessiné des espèces protégées d’après photos, puis j’ai décidé de le faire directement sur le terrain, en pleine nature. De fil en aiguille je me suis retrouvée àeffectuer un stage àPigna, et je me suis ensuite perfectionnée. Quel est l’intérêt de la gravure en taille douce ? Le côté expressif du trait. Le geste. La pression de la main. La maîtrise de l’outil. La dureté physique du travail. Tout ceci me convient bien. Le procédé utilisé pour graver me passionne. Le fait qu’il n’y a pas de repentir àavoir également, car quand quelque chose est ratée, impossible de retoucher de fond en comble … il n’y a plus qu’àrecommencer. Dessiner des oiseaux dans une réserve ou des maisons en ville c’est un même plaisir ? La même démarche ? En tant que plasticienne c’est pareil. C’est de ligne, de trait, de contraste dont il s’agit. A Bastia l’horizon est ouvert, et dans le centre ville on est plutôt gâté ! Je me sens très citadine. J’aime les rues, les places, les trottoirs. La campagne, je l’apprécie surtout quand elle est humanisée. Qu’est-ce qui vous séduit d’abord dans l’architecture urbaine ? Les façades aux allures vertigineuses qui laissent apparaitre comment les bâtiments se réajustent les uns aux autres. Les ouvertures qui ont été murées pour éviter de payer l’ancien impôt spécifique, àmoins qu’elles n’aient jamais été percées pour quelque raison. Les grilles dont certaines sont merveilleuses. Les volets dont j’ai repéré sept genres différents. Les fenêtres qui sont fascinantes, parce qu’on peut imaginer derrière vitres ou rideaux des histoires, des personnes. Vous avez une préférence marquée pour les immeubles de la place Saint Nicolas ? Entre Toga et le marché c’est un de mes lieux de vie. L’endroit de mes balades ordinaires. C’est près d’où j’habite et donc dans ma pratique quotidienne. En haut de la place, la Casa Roncajolo, ainsi que les trois autres maisons attenantes offrent un ensemble très harmonieux et sans équivalent àBastia. Votre souci de la couleur ? Je cherche comment rendre le contraste entre les façades et le ciel par la couleur. Mais attention il faut que je me méfie car la couleur entraine la profondeur et ce n’est pas ici mon propos. Vous associez plusieurs Å“uvres qui se répondent en écho. Ce sont des compositions ? Effectivement. Ça se lit de gauche àdroite et der haut en bas comme un récit. Idem pour la partie de l’expo consacrée aux oiseaux. Des projets ? Avoir le temps de retravailler sur les oiseaux au pinceau et sur le paysage naturel en gravure àl’acide cette fois ! Pour aboutir àencore plus de dépouillement et aller àl’essence de l’essentiel afin d’obtenir un résultat qui s’approche de la peinture chinoise Tao. Propos recueillis par M. A-P

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