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Festival du Film Anglais : THE AJACCIAN PALACE

jeudi 27 décembre 2012, par Journal de la Corse

Depuis quatre ans le palais des congrès accueille le festival du film anglais « Under My Screen ». Cette année les organisateurs ont fait preuve d’audace à la fois dans la sélection des films mais aussi dans l’affirmation de l’identité du festival. Une sélection pointue, des invités de marques, des initiatives originales, Marie-Diane Leccia, Jean-Paul Filippini, Florian Gianelli et Sylvie Pellegrini ont réussi à donner de l’ampleur à cette manifestation, rendez vous désormais incontournable pour les Ajacciens.

The Ajaccian touch

« On m’a remis un Napoléon comme trophée dans un festival du film anglais et irlandais ! Wellington était irlandais soit dit en passant ». Le tweet du réalisateur-invité David Mackenzie traduit bien l’esprit du Festival du Film Anglais de cette année : un côté décalé revendiqué et assumé. Outre l’audace de la récompense, le « Napoléon d’or » symbole du coup de cœur des sélections et caractérise la volonté des organisateurs de renforcer l’identité du festival. Under My Screen se singularise par l’atmosphère qui règne autour du festival : pour Florian Gianelli « un festival ne se résume pas à une projection de film, c’est tout un contexte. ». Ateliers linguistiques, venue d’invités, Cupcakes et Pancakes pour le goûté, concours d’affiches et récompenses sont tant de petites touches qui participent à donner une couleur particulière à cette manifestation et dresser le tableau d’un festival moderne et convivial. Une ambiance bon enfant se dégage du Palais des Congrès et ce n’est pas au détriment du septième art, bien au contraire. Le choix des œuvres est essentiel, « nous essayons de proposer des films qui cassent les habitudes des gens, des films qui ne sont pas forcément des blockbusters mais qui présentent un intérêt on essaye de proposer un autre cinéma. » Florian Gianelli, le chercheur d’or de l’équipe a réussi une sélection particulièrement riche cette année. Films historiques, satires sociales, documentaires, films romantiques mais aussi films engagés, films d’animation ou œuvres plus pointues. Du conflit irlandais à l’invention des godemichés en passant par un scénario catastrophe sur la perte des sens, les univers s’entremêlent et se complètent. Dans la sélection, cinq comédies dont « Oh my god », « My best men » et « Touristes ». Si les deux premières, une comédie décalée et une comédie potache ont remporté un large consensus la troisième, clôture du festival a fait parler d’elle. « Touristes » allie scènes désopilantes, moments horrifiants et cadavres à la pelle, le réalisateur manie l’humour noir à merveille et des scènes les plus anodines surgit un malaise qui finit finalement par nous faire pouffer de rire : un autre cinéma on vous dit !

And the winners are...

Si « Perfect Sense » le film de David Mackenzie a reçu le « Napoléon d’Or », ce sont « Shadow Dancer » et « Tyrannosaur » qui ont fait l’unanimité dans le jury professionnel présidé par Miceal O’ Griafa. « Shadow Dancer » n’en est pas à son premier prix puisqu’il a été récompensé au festival de Dinard et pour cause : un thriller captivant avec des acteurs aussi sobres que saisissants (Clive Owen et Andréa Riseborough lauréate du prix d’interprétation féminine). Ce film qui dépeint le quotidien d’une famille activiste de l’IRA a eu une résonance particulière en Corse. Certaines scènes ont rappelées le nationalisme des années quatre-vingt et ont fait écho dans les esprits des spectateurs. « Tyrannosaur » a été pour le jury et les spectateurs une véritable claque : un film dense, intense sur fond de drame social aussi beau que bien joué et des acteurs à couper le souffle dont Peter Mullan. A noter aussi « Oranges and sunshine » film aux allures de documentaire qui raconte le scandale de la déportation de milliers d’enfants vers l’Australie, révélé par une assistante sociale dans les années quatre-vingt. La thématique de l’identité perdue et la dénonciation d’un système administratif dépourvu de toute humanité a touché les spectateurs et a été récompensé par le Jury des professeurs.

What’s next ?

Pour l’année prochaine les esprits bouillonnent déjà. « Nous avons plein d’idées, l’interaction le public a été forte cette année aux discussions après les films s’est ajouté le dialogue sur les réseaux sociaux, et nous avons vécu des moments extraordinaires comme la rencontre de David Mackenzie avec des collégiens, des dizaines d’élèves entouraient le réalisateur et l’assaillait de questions, il ne pouvait même pas respirer ! Nous allons essayer de mettre l’accent sur rencontres l’année prochaine, en particulier pour les scolaires. » s’enthousiasme Jean-Paul Filippini. La proximité avec le public à travers les réseaux sociaux ou à la sortie des projections a permis aux organisateurs de mieux coller aux attentes et aux envies du public. C’est ce soucis du spectateur et du détail, la volonté de toucher un large public tout en proposant un cinéma de qualité, qui fait la particularité d’Under My Screen et participent à asseoir la notoriété du Festival. Pour l’équipe, impatiente à l’idée de concrétiser leurs idées, l’important est d’avoir de l’ambition mais sans prétention. Enfin presque... Jean Paul Filippini avoue que leur rêve serait que « l’horloge de la ville affiche l’heure anglaise. ». A la veille de cette fin d’année la hotte du Festival a l’air bien rempli et la prochaine édition promet de belles surprises... we wish them the best.

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