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« DON GIOVANNI » A BASTIA

jeudi 11 octobre 2012, par Journal de la Corse

« Don Giovanni », l’opéra des opéras disait Richard Wagner. Peut-on imaginer éloge plus glorifiant que ce mot d’un des plus géniaux compositeurs de l’histoire relativement à l’un des grands chefs-d’œuvre de Mozart ? Déconcertant miracle mozartien : il pille ses aînés, ses contemporains et transfigure tout ce qu’il touche. Les 28 et 29 septembre derniers : non sans audace, « Don Giovanni » était proposé aux mélomanes de Bastia, avec un succès mérité. Dans la fosse d’orchestre, l’Ensemble Instrumental de Corse, avec à sa tête Yann Molénat, professeur au Conservatoire National Supérieur de Paris. Sur scène, un ensemble d’artistes ô combien méritants, comme on le verra. La mise en scène revenait à Vincent Vittoz. Disons le de façon franche, précise et directe : elle était très contestable. On en a pris l‘habitude, mais jusqu‘à quand ? Deux très grands musiciens ont posé la question : Le chef d‘orchestre Ricardo Muti et Placido Domingo. Autre réserve : que signifie cette autre mode actuelle qui consiste, pendant l‘exécution des ouvertures ou des préludes que les compositeurs ont voulu strictement instrumentaux, à faire se produire gratuitement en scène des personnages anonymes ? Par bonheur, la prestation générale fut une réussite. Mais revenons un instant et pour débuter l’approche critique de la représentation, sur le rôle dévolu à l’orchestre. La capacité de ses membres à créer et se fondre dans un groupe homogène permet au public insulaire de posséder enfin lui aussi un ensemble instrumental. Un ensemble qui sonne bien grâce aux instrumentistes qui le composent. Yann Molénat n’y était pas pour rien. Lui dont les avantages naturels le portent à conduire avec enthousiasme des pages lyriques, dans la précision et dans la présence. Sur scène à présent. Laure André en Zerlina est bonne comédienne et son chant illustre le fond de son rôle. Julia Knecht fut une Donna Anna que l’on peut qualifier de l’épithète privilégiée de « mozartienne ».Vannina Santoni est une Elvira passionnée. Elle a chanté sous des baguettes prestigieuses (George Prêtre, Myung Wung Chung, James Levine, etc…) Till Fechner est un Don Giovanni fort crédible. Il a le physique du rôle et il le chante, fort de sa voix pleine et envoûtante. Matthieu Léonart est un Leporello persuasif. Reste à décider des prestations de Frédéric Bourreau (le Commandeur et Masetto) et de Enguerrand de Hys (Don Ottavio). Du premier, il suffira de rappeler le nombre impressionnant des rôles qu’il incarne et non sans réussite. Du second, il n’est qu’à dire son habileté à phraser ce qu‘il chante. Trop d’éloges ? Peut-être, mais puisqu’elles sont méritées…

Vincent Azamberti

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