23èmes Musicales de Bastia Au rendez-vous des découvertes Les Musicales ce n’est pas seulement une affiche de célébrités. Le festival bastiais se singularise en effet de plus en plus comme un des rendez-vous importants des chanteurs de demain … Même si parfois on les découvre assez … tard ! Sekli est un bon exemple de ces découvertes tardives. Il chante en Corse depuis des années sur une musique pop rock, qui à Bastia tirait très fort sur le folk. Beaucoup de sincérité et de générosité chez lui, deux qualités se mariant parfaitement avec le talent. Des mélodies limpides qui lui font vivre ses chansons avec foi. Avec conviction. Sekli croit en ce qu’il chante, et ça fait du bien au cœur et … aux oreilles. Côté langue française et poésie Ludo Pin et Presque Oui ont assuré. Même si le premier a montré peut-être un peu trop de réserve. Quant au second il a produit un récital où s’invitait un humour heureux, et de l’humour teinté de sang froid il en a fallu au chanteur confronté à un aléa aussi inopiné que dérangeant. Bravo l’artiste ! June et Lula nous ont offert un son très jazzy au un parfum des années 40. Des chansons écrites en anglais sur de jolies rythmiques. Des créations plutôt atypiques à la fois intimistes et ironiques. Au final une saveur d’étrange qui ne se paie pas de mots. Aux antipodes l’univers de l’Algérienne, Alima, accompagnée par le guitariste américain, Lone Kent. Alima dit son pays, ombres et lumières. Une voix puissante toute d’émotion et de sensibilité. Tantôt en arabe, tantôt en français, tantôt en anglais elle décline un quotidien très dur, mais qui peut également être empli de tendresse, et qu’amplifie, prolonge ou nuance son accompagnateur. Grand vainqueur des différents concours organisés par les Musicales Ben Mazué a déboulé sur un registre slam-rap-chanson française qui a eu son succès auprès du public. Performance intéressante dont on attend qu’elle soit validée, l’an prochain, sur la grande scène du théâtre municipal. Un auteur-compositeur-interprète à suivre. Mais celle qui fut la plus convaincante – à mon sens – car la plus emballante à voir et à entendre fut sans conteste Valery Boston, un de ces oiseaux rares qui savent rendre l’existence plus vivable en vous rappelant que le sourire et la drôlerie sont santé de l’âme. Michèle Acquaviva-Pache