Il y a un temps pour tout. Certes. Même quand, friands de nos chants populaires, on éprouve le désir d’écouter ce que réalisent soit pour la détente, soit pour nous laisser entendre chanter en notre langage insulaire, nos groupes de chanteurs. Cela n’offense point la mémoire de Mozart. Découvrez alors cette fois par « Cor di Rustinu » cet album intitulé « U Capu in lu Celu » et constitué de quinze pièces. C’est un disque sans présomption ni outrecuidance (1). L’ensemble est plaisant Ni manque qu’une toute petite maîtrise de plus des voix, au demeurant agréables. C’est essentiellement une réalisation de Richard Girolami à qui se sont joints Jean Cuiconi, guitare, Christian Caporossi, basse, Delphine Morel, violoncelle et Angelina Lourdaux, réalisatrice de la pochette. On entendra en cet album des compositions familières. telles que « Babbone », U maccinellu », « U pozzu a l’acelli », « Turchini rigali », etc…. On notera la discrétion et le goût de l’orchestration, chose devenue rare, ôtant aux voix qu’elle accompagne l’importance capitale qui lui est due. Il s’agit là du troisième album de « Cor di Rustinu » auto produit par l’Association « Rustinu in Cantu ». Mais ce CD est une nouveauté. Richard Girolami, comme les protagonistes dans une chanson de leur premier disque, déclare : « Simu tutti ambasciadori d’amicizia e d’allegria, cantatori amatori di a vera poesia. Cantemu a voce rivolta l’armunia » Leur but essentiel est de communiquer la bonne humeur et l’amour du terroir, en l’occurrence le Rustinu. Richard Girolami a repris avec « Cor di Rustinu » le chemin de l’écriture musicale et celui du chant choral. L’utilisation de la voix est sans doute la forme primordiale de l’activité musicale. S’il existe des ethnies sans instruments de musique, il n’en est pas qui ignorent le chant. Que grâce soit rendue à tous ceux qui chantent. L’homme a peut- être chanté avant de parler.
• Vincent Azamberti
(1) J.B. Rongiconi. Studio d’enregistrement l’Angelina 20235 Valle di Rustinu