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CD CANTI CORSI DI NATALE

jeudi 9 décembre 2010, par Journal de la Corse

Cd cantiHeureuse idée du groupe vocal « Les voix de l’émotion » et des Editions Ricordu de nous proposer un album consacré à des chants de Noël interprétés en langue corse. Son titre : « Canti corsi di Natale ». On y entend dix neuf pièces dont une bonne partie est composée de chants bien connus d’origines diverses et traduits en langage insulaire. Citons « Ghjuccate campane » ( Vive le vent ), « Notte Santa » ( Sainte Nuit ), « Babbucciu Natale » ( Petit Papa Noël ), « O Ghjallico » ( Mon beau sapin ), « È mezzanotte » ( Minuit Chrétiens ), etc…D’autres chants sont relatifs à la liturgie, comme « Adeste fideles », « Gloria ». D’autres encore sont originaux. S’y ajoutent enfin les « Ave Maria » de Schubert et de Gounod.On peut prévoir un succès assuré à ce CD constitué d’œuvres fidèles à nos usages et Noël étant la fête la plus populaire de l’année liturgique.Les interprètes nous livrent ici directement leur cœur. C’est une nécessité pour évoquer, du moins pour les croyants, l’entrée de Dieu dans notre histoire. Ce qui n’est pas, comme Noël l’est trop devenu, le rêve d’un monde d’illusions. Sans compter son caractère festif et jouissif, au sens uniquement propre du mot. Sans compter aussi ce que la musique traditionnelle de Noël pâtit « d‘arrangements » quelconques. On les entend souvent et parmi d‘autres dans des versions boursouflées, nourries du sentimentalisme le plus plat ou alors mises à la mode de n’importe quel genre dans le vent. Ce n’est pas le cas de l’album désigné où le chant est pris en compte dans sa vérité.On regrettera que le chanteur en charge d’interpréter « È mezzanotte » ( Minuit Chrétiens ) et qui le fait décemment, a eu malheureusement l’idée incongrue d‘achever son chant sur un aigu approximatif et inauthentique puisque ne figurant pas dans la célèbre partition d’Adolphe Adam. Quand comprendra-t-on que chanter n’est jamais crier ? Reste que l’ensemble du programme et de la prestation agit sur la sensibilité et ne trahit guère l’esprit de Noël. Qui, d’entre nous, peut demeurer de marbre à l’écoute de « Dormi,dormi », d’ « Adeste fideles » ? Nostalgie camouflée de l’enfance ? Et alors ?Le génie d’un Proust était- il celui d’un pleurnicheur ? Le temps d’une nuit particulière, croyants ou pas, laissons s’éclipser la bêtise, l’argent de ceux qui en ont trop, les guerres, le militarisme, le nationalisme borné, la paperasserie, transformation progressive de l’homme en esclave d’une administration aveugle et sourde.Vincent Azamberti(1) Ricordu CDR 285

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