LE VOYAGE LYRIQUE DU JDC Le Festival Rossini de Pesaro célébrait cette année son 30e anniversaire. 16 aoà »t :  » Demetrio e Polibio  ». Au pupitre : Corrado Rovaris, mise en scène de Davide Livermore, une distribution vocale de haute qualité. Deux erreurs à noter : une animation sur scène inutile durant l’ouverture et une mise en scène encombrée et futile. En italien, Ouverture se dit «  Sinfonia  », autrement dit pièce orchestrale. C’est clair. Il n’est pas rare que des Ouvertures soient exécutées en concert, détachées de leurs opéras Quant à la mise en scène, voici que Pesaro se laisse tenter à son tour par l’usage de fantasmes plus ou moins gratuits et non d‘idées maîtrisées pour assurer l‘ensemble des dispositions scéniques. Propos réactionnaires ? Non. Car s‘il ne s‘agit pas de s‘interdire des libertés. Encore faut-il que le talent, l‘intelligence surtout les autorisent. En fait, il y a de la cuistrerie en cela et de la dérision. Mais il y a du bien à dire de ce Demetrio. Maria José Moreno était excellente. Yijie Shi a de l’habileté et son timbre plait. Mirio Palazzi est un beau baryton. L’orchestre symphonique G. Rossini et le chÅ“ur de chambre de Prague illustraient la maîtrise naturelle du maestro Rovaris. 17 aoà »t : «  La Cenerentola  ». Une des Å“uvres les plus jouées de Rossini. Et dans laquelle il réussit à camper ses personnages de manière concrète bien qu’inspirée par un conte. Yves Abel  a l’art de saisir le rythme verbal des phrases musicales et d’en faire de la vraie musique, les interprètes scéniques s‘en trouvant servis. De ceux ci, il faut dire les qualités indispensables à des artistes rossiniens : agilité de la voix, dons d’interprètes de scène. Marianna Pizzolato en Cenerentola est captivante. Elle s’est d’ailleurs affirmée dans le répertoire rossinien. Lawrence Brownlee chante avec une aisance totale. Paolo Bordogna Strauss Evrard et Christina Faus, très bons dans leurs rôles typés. La mise en scène de Luca Ronconi, a présenté des séquences faisant impression. 18 aoà »t : «  Sigismondo  ». Nous sommes renvoyés  à ce qui a été dit à propos de Demetrio. Au lieu de nous trouver dans les appartements du roi qui est en proie à des crises de folie, nous voici dans une chambrée d‘un asile d‘aliénés. On n‘en dira pas plus. Musicalement en revanche, tout le bien est à dire de Michèle Mariotti, chef d’orchestre, d’Antonio Siragusa, d’Olga Peretyako, de Daniela Barcellona. Verona. 20 aoà »t : «  Turandot  » le chef d‘œuvre inachevé de Puccini. On assiste à une représentation dont la mise en scène comme les soirées suivantes est due au vénérable Franco Zeffirelli .C’est traditionnel, mais quel luxe ! Quel goà »t ! Sur le plan musical, l’orchestre de l’Arena est conduit par un Giuliano Carella averti des subtilités de la partition. Maria Guleghina est une Turandot vaillante .Walter Fraccaro, bon dès le début, a amélioré encore sa prestation dans la suite de l’ouvrage. Maria Letizia Grosselli est une Liu fort émouvante. Le trio Ping, Pang, Pong a su donner à sa fonction la charge de sagesse persifflant  qu’elle contient. 22 aoà »t : «  Aïda  ». Daniel Oren a mérité au pupitre la sympathie élogieuse que le public lui a réservée. Tichina Vaughn est une Amnéris à l’ardeur frénétique. Lucrezia Garcia a une voix ample, un style soigné, son Aïda est authentique. Carlo Ventre en Rhadamès a montré des qualités évidentes de voix et de style. ChÅ“urs et danseurs valurent bien que le public conquis leur réservât le meilleur accueil. 25 Aoà »t :«  Il Trovatore«  .Un opéra de Verdi d’une verve extrême .Alberto Gazale : un comte di Luna haineux à souhait, Anda Louise Bogza, Léonore persuasive, Andrea Ulbrich, Azucena tout autant .Marcelo Alvarez un Manrico confirmé. On termine  avec un Marco Armiliato, chef efficace à la tête de l’orchestre et d’un plateau bien servis Vincent Azamberti Â