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BLUES LEGENDS

jeudi 25 avril 2013, par Journal de la Corse

A l’origine, aux racines du Blues, sont les chants, les musiques et les danses des terres africaines razziées par les marchands d’esclaves coupés de leur contexte, vidés de leur rituel, interdits en général. Ils se sont transmis en se heurtant, se mêlant aux sons, aux chants, aux danses et aux musiques des terres américaines. Le Blues émergera de cet ensemble hétérogène en une composition dont il n’est pas possible de retracer la genèse mais dont la cristallisation confirme l’inscription du Noir dans sa nouvelle société. Le Blues est là dès que le Noir se parle à lui même. Il peut par ce biais raconter son histoire et celle de son peuple, créer mythes et poèmes. L’origine du mot est indécise. « To be blue » veut dire « broyer du noir » de l’obscène au sublime. C’est une infinie répétition par laquelle l’homme s’interroge sur lui même dans un état d’âme que crée le doute de soi et la proximité de la mort. Le Blues est partout, dans les villes et les campagnes et enregistré dans une grande diversité de formes. Un coffret de deux albums s’offre à l’achat, intitulé « Living the blues » et renfermant deux séries de pièces attachantes, interprétées par divers chanteurs tels que Howlin’ Wolf, Buddy Gay, J.B.Lenoir, etc...(1). L’écoute de ces CD est gratifiante. On peut leur accorder même une dimension pédagogique tant l’exemple qu’ils fournissent est signifiant. Il faut ici citer le nom d’un bluesman, guitariste, chanteur et chef d’orchestre Américain en qui on peut reconnaître le point de départ du blues moderne à la guitare. Il s’agit de Aaron Thibeaux Walker (1910-1975) ayant pris pour pseudonyme le nom de Oak Cliff T-Bone. Il a marqué de son empreinte une foule de guitaristes. Son jeu très clair, parfaitement aéré, tout de décontraction et de spontanéité était rehaussé par l’exceptionnelle qualité du son. En 1948 il était la vedette de l’Amérique Noire. Le Blues ayant passé du Sud Rural aux grandes villes aida la montée du rock’n’ roll. L’Amérique, débordant de jeunes hommes noirs, essayait de jouer avec la précision et le panache de T-Bone. B.B.King, autre chanteur de blues bien connu, devint le guitariste qui prit le style de Walker à son meilleur niveau.

Vincent Azamberti

(1) Time Life Music. 635/01

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