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Aujourd’hui et l’intemporel

vendredi 9 août 2013, par Journal de la Corse

Djamel Tatah chez Orenga de Gaffory

Aujourd’hui et l’intemporel

Djamel Tatah expose à Patrimonio chez Henri Orenga de Gaffory. Des tableaux aux thèmes intemporels dans leur saisissante actualité.

Étranges les oeuvres de Djamel Tatah en leur abord de simplicité et en leur sophistication sous-jacente. Dans ces tableaux la lecture d’un monde qui traine des blessures aussi anciennes que sa création. Une substance et une forme d’un évident classicisme et en même temps empruntes de cette violence contemporaine délayée à plus soif par les JT.

Des échecs individuels cumulés, ou condensés en échouages collectifs. Mais le « un » peut-il être dissocié du tout ? Le thème de l’errance, de l’itinérance, de l’exil conclu par le naufrage absolu de la mort domine dans l’exposition de Patrimonio en une résonance angoissante et interpelante d’autant que ce jour-là un certain pape François, sur l’île de Lampedusa, assène quelques bonnes vérités à entendre par ceux qui nous gouvernent – ou qui sont censés nous gouverner !.. Il est de cinglantes concordances de temps de par l’univers. Est-ce parce que l’artiste dans son exigence refuse tout subterfuge facile incitant à la compassion larmoyante en pratiquant l’épure dans ses réalisations comme d’autres l’ascèse ? On est ému. Bouleversé. Coeur et esprit on est happés par ce que la dignité humaine implique de reconnaissance de l’autre, si on ne veut pas la reléguer au rayon des voeux pieux ! Tout est sobre dans ces oeuvres même la vague létale qui roule et tue à l’infini d’où une intensité vraie et efficace. Le trait dépouillé témoigne à l’extrême de beaucoup de pudeur que vient encore renforcer des aplats de couleur qui sont mise en espace du sujet. La limpidité du propos pourrait-être une caractéristique de Djamel Tath si n’était sa préoccupation d’aborder des questions en veillant à ce que leur complexité émerge avec force et vigueur ce qui est sans doute la meilleure manière d’amorcer un commencement de règlement… On veut l’espérer !

L’artiste, né en Saône et Loire, a étudié aux Beaux Arts de Saint Etienne avant de s’installer pour une escale allant de 1989 à 1994 à Marseille. Depuis il expose dans des lieux prestigieux de Paris à Canton, de Nice à Chambord. • Michèle Acquaviva-Pache (photos Philippe Jambert)

A voir au Domaine Orenga de Gaffory Lieu dit Morta Majo 20 253 Patrimonio Téléphone 04 95 37 45 00 Entrée libre tous les jours de 9 h à 19 h.

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