CD

vendredi 15 octobre 2010, par Journal de la Corse

Cd MIGHELI RAFFAELLI À LA CETERA La Corse avec l’Allemagne et surtout le Portugal continuent d’employer le cistre (la cetera dans sa constitution utilisée en Corse), alors qu’il est tombé dans l’oubli partout ailleurs. C’est un avantage certain. Témoin l’usage qu’on en fait au Portugal où il s’est si bien implanté et où il est devenu l’instrument national. Il sert traditionnellement àl’accompagnement du fado. On se félicitera de la parution récente, àPigna, d’un album de deux CD consacré àla cetera que Migheli Raffaelli pratique avec un art consommé. (1). Dans un texte qui accompagne l’album intitulé « Â Il y a vingt ans  », Dominique Ottavi s‘exprime sur sa rencontre avec la cetera : « Â Chez le luthier Ugo Casalonga àPigna, note-t-il, a lieu ma première rencontre avec la cetera.  Dans la foulée, Mathieu Luzi m‘offre le 33 tours de Migheli Raffaeli, enregistré en 1983. Ma musique s’en trouve complètement métamorphosée…Comme si la cetera et Migheli m’avaient ouvert la porte d’un monde profondément enfoui mais bien présent.  » Le disque 33 tours, épuisé dans le commerce depuis longtemps, donna toutefois l’idée àDominique Ottavi de proposer au label Amapola de produire un réenregistrement de ce disque en remixant, en remastisant avec les moyens numériques dont on dispose actuellement. Il figure dans le CD 1 de l’album présenté aujourd’hui. Le deuxième CD qui contient « Â I canti spirituali » remonte à2007. Dominique Ottavi est légitimement fier d’en avoir été la cheville ouvrière. Quant au talent de Migheli Raffaelli, Toni Casalonga et Nandu Acquaviva en résument la nature et l’accomplissement dans ces mots bienvenus : « Â Cu ore e ore di travagliu, Migheli hàtruvatu nanta àa cetera a so maestrìa. L’ha dumata  ». Précisons. L’attaque de la corde est claire et puissante. Le rythme est soutenu et percussif avec un jeu arpégé propre et sans faille. Peut être pourrait-on trouver que la répétition de la basse continue peut engendrer une légère impression de lassitude. Mais certaines pièces comme « Â Cordoba  » viennent  heureusement créer un univers très nuancé. N’ergotons pas : Migheli Raffaelli se révèle un maître dans le maniement de la cetera. A découvrir absolument. Vincent Azamberti (1) Amapola BP 163 20178

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