La conquête de l’espace en bande dessinée «  La Guerre secrète de l’espace  », tome 1, vient de sortir aux éditions Delcourt. Aux commandes de cette série, Régis Hautière au scénario et Damien Cuvillier aux dessins. Une série qui mêle habilement Histoire, science-fiction et espionnage. Régis Hautière, nous parle de cette nouvelle série, à découvrir dans la collection Machination. L’album débute par les images de Neil Armstrong sur la Lune. Avez-vous un souvenir particulier du 21 juillet 1969 ? Régis Hautière : Oui, je suis né quinze jours avant, le 6. Je n’ai pas de souvenir direct évidemment, par contre, mes parents avaient regardé l’événement à la télé ce jour-là et on tourné un film en super-8 dans lequel on me voit dans mon berceau, devant l’écran qui diffuse les premiers pas d’Armstrong sur la Lune. C’est mon premier souvenir de la conquête de l’espace, indirect ! C’est donc plus tard que vous vous êtes passionné pour cette course de l’espace ? RH : Oui, à l’âge de 7 ans, grâce à mon père. Il m’avait donné un vieux bouquin, qu’il avait eu lui-même quand il était gamin. Plus tard, il m’en a acheté un autre, que j’ai toujours. J’ai passé des heures, le nez plongé dans ces livres. Celui qui me fascinait le plus était le plus vieux des deux, qui doit dater des années 50, parce qu’il était illustré de dessins et de peintures. Ca donnait à l’espace un coté mythique, mystérieux, presque irréel et très coloré. Alors que les photographies du second livre me ramenaient à une réalité plus triviale. La conquête spatiale m’intéresse donc depuis tout petit. Cette série BD de cinq volumes débute en 1957, et toute l’action de ce premier tome se déroule sur cette année. C’est une date clé dans l’histoire de la conquête spatiale ? RH : 1957 marque vraiment le coup d’envoi de la course à l’espace. Le comité international des unions scientifiques avait décrété cette année, «  année géophysique internationale  ». Les Américains avaient annoncé à cette occasion qu’ils mettraient en orbite un satellite autour de la terre. Les Russes, pour ne pas être en reste, avaient répondu : «  Nous aussi on va le faire, mais avant eux !  ». Mais c’était vraiment de l’esbroufe politique, car il n’y avait aucun programme, ni aucun budget prévu pour ça. Quelle est la proportion de vérité dans cette bande dessinée ? RH : Tout ce qui touche directement à la conquête spatiale est vrai. Les personnages de Korolev, Gloushko, Nosov ou la chienne Laïka ont bel et bien existé. Les lanceurs et les satellites mentionnés dans l’album aussi. De même que tous les événements aérospatiaux abordés dans la série. La fiction, c’est toute la partie espionnage, même si elle s’inspire elle aussi de faits réels. Le personnage principal n’a jamais existé, en tout cas pas sous ce nom. Mais j’ai lu des documents qui laissent entendre qu’il y a effectivement eu un espion américain au sein de Baïkonour. Comment avez-vous rencontré votre dessinateur ? RH : Après la validation du synopsis de la série par Guy Delcourt et mon éditeur, Grégoire Seguin, nous avons commencé  à chercher un dessinateur. Ce sont d’abord eux qui ont cherché. Ils ont fait réaliser plusieurs essais par des dessinateurs différents, même des Chinois ! Et alors qu’on ne trouvait toujours pas le dessinateur idéal, j’ai parlé du projet à Damien Cuvillier chez des amis communs. Intéressé, il a souhaité faire un essai. Je l’ai tout de suite prévenu que le niveau demandé était assez élevé, et que plusieurs auteurs s’y étaient cassés les dents. Damien est très jeune, et pour un projet de cette ampleur, c’était un peu ambitieux. Il a fait un essai, et a convenu à tout le monde. On a enfin pu commencer. Francescu Maria Antona Â