« Noé, pour la cruauté des hommes », lorsque la BD s’invite à Hollywood
Darren Aronofsky est un jeune cinéaste actuellement très en vue à Hollywood. Réalisateur de films comme « Black Swan », « The Foutain » ou « Requiem for a dream », ce dernier s’essaie à présent à la bande dessinée, en cosignant un scénario avec Ari Handel. Cette fois, Darren Aronofsky laisse donc la caméra pour le dessin, en confiant la mise en images de son projet à Niko Henrichon, un dessinateur venu de la culture comics. « Noé » a donc vu le jour. Cette série prévue en quatre tomes – aux éditions du Lombard - nous livre une histoire en forme de fresque initiatique conjuguant la maestria de la grande aventure, du fantastique et de l’engagement humaniste. Rencontre avec Darren Aronofsky.
Quelle est l’origine de Noé ?
Darren Aronofsky : Quand j’étais en 5ème, à la Junior High School Mark Twain à Brooklyn, l’un de mes professeurs, Mr Fried, nous a demandé d’écrire pour un concours, une courte histoire sur le thème de la paix. J’ai griffonné un poème qui parlait de Noé et de sa famille, en racontant comment ils ont survécu au déluge. J’ai gagné ce concours, et quelques mois plus tard, je me suis retrouvé en train de lire en public aux Nations-Unies. Depuis, je me suis toujours senti proche de cette histoire.
Si vous adaptez Noé au cinéma, quelle sera la différence avec la bande dessinée ?
Darren Aronofsky : La BD reflète la vision de Niko Henrichon. Nous lui avons laissé l’entière liberté d’interpréter notre scénario comme il le souhaitait. Si cet album devient un film, celui-ci s’inspirera de la même histoire, mais nous en ferons quelque chose de tout à fait différent.
Pour quelles raisons avez-vous choisi Niko Henrichon ?
Darren Aronofsky : Brian K. Vaughn (auteur de comics et scénariste de télévision, notamment sur la série Lost) nous l’a recommandé et nous avons été séduits par son travail. Dès qu’il nous a montré ses premiers essais, nous avons été enthousiastes.
Pourquoi avoir choisi un éditeur européen ?
Darren Aronofsky : Nous tenions vraiment à travailler avec Niko qui connaissait bien les éditeurs franco-belges et qui disposait d’un lectorat fidèle en Europe. En outre, nous avons été sensibles au respect que les Européens accordent à la bande dessinée. Nous nous sommes retrouvés dans leur vision de ce moyen d’expression.
Comment vous partagez-vous le travail avec Ari Handel ?
Darren Aronofsky : Nous élaborons ensemble le plan général et nous discutons beaucoup, puis nous démarrons la phase d’écriture et de réécriture en faisant passer le texte de l’un à l’autre, encore et encore.
Francescu Maria Antona