Exposition à Patrimonio Planète  Pascale Marthine Tayou L’Espace Orenga à Patrimonio accueille jusqu’au début octobre Pascale Marthine Tayou, artiste rare, prodigieux de vitalité et de verve dans sa réflexion sur le monde d’aujourd’hui. Une expression artistique foisonnante. Un jaillissement permanent de formes, de propositions pour aiguillonner le regard, pour réveiller la matière grise, pour stimuler les émotions … Le plasticien s’empare de tout ce qui peut faire Å“uvre, y compris des objets très ordinaires du très ordinaire quotidien jusqu’aux plus élégants et raffinés. Chez l’artiste présent et hier se conjuguent pour esquisser des toujours qui toujours sont prêts à la métamorphose au risque de se muer en carrosses ou en citrouilles ! Pascale Marthine Tayou ne cherche pas l’effet pour l’effet, les trois tableaux de sa série géographique en témoignent. Plaques de polystyrène du plus extrême dépouillement, piquetées de billes ou de têtes d’épingles multicolores disent des régions si riches qu’elles en deviennent terre de misère à cause des convoitises qu’elles suscitent. «  Arlit  », du nom de la ville de l’Aïr au Niger saharien avec son énorme gisement d’uranium exploité par le français, Areva. Arlit dans ce Sahel dont il est périodiquement de bon aloi de s’apitoyer sur l’avancée mortelle du désert qui engendre la famine ! Arlit et ses richesses minières qui ne sont évidemment pas perdus pour tous. Même problématique abordée avec «  Katanga  », région du sud de la République Démocratique du Congo où tant de sang a coulé – et coule – à cause du cobalt, du cuivre, du radium, de l’uranium, des diamants, etc… etc… de son sous-sol. L’artiste se veut pacifique ce qui ne l’empêche pas bien sà »r de poser la question de la répartition de ces prodigieuses richesses dont les peuples ne profitent jamais. Avec «  Mer Rouge  » voilà mis sur la sellette le dieu pétrole et la course à l’or noir. Les «  Poupées Pascale  » sont des sculptures en cristal qui exalte la quête de la transparence en se référant aux fétiches de la tradition. «  Poupées  » de lumière à l’étrange mystère indissociable de sa charge d’opacité. «  Poupées  » parées de ces petits riens échos d’une verroterie coloniale. Noblesse du cristal et pacotille ou carrément rebus de la vêture. L’exposition vaut le déplacement. A voir et à revoir. Michèle Acquaviva-Pache Â