L’orgue. Le roi des instruments de musique, dit- on. Même les églises de nos villages, fût ce en attente de restauration pour la plupart, en étaient pourvues. C’est une aubaine que quelques unes, comme celles de La Porta, aient été rénovées. Parlons d’orgue donc. Pourquoi Louis Marchand, s’interroge Yves Bachelet, présentateur d’un album consacré à la musique d’orgue de ce compositeur (1669-1737), l’avoir mis au programme de cet enregistrement effectué au Grand Orgue de l’Abbatiale de Tournus ? (1). Les raisons ne manquent pas. La première réside sans doute dans le fait que Louis Marchand est un contemporain de la construction de l’instrument, la seconde est celle qui nous autorise à penser qu’une pointe de chauvinisme a pu aussi contribuer à ce choix. Une troisième raison est celle, semble-t-il, selon laquelle, même si les biographies de Marchand sont assez peu satisfaisantes, nous savons qu’il était organiste et un compositeur de renom. On peut dès lors imaginer qu’il eut l’occasion de monter à la tribune des orgues de Saint Philibert de Tournus. Enfin, en sa condition de compositeur, Louis Marchand séduisait les interprètes. Son écriture est remarquable et audacieuse. Il sut concilier liberté et respect des principes de clarté de son époque. Le présent album propose de larges extraits du premier Livre d’orgue, l’intégrale du deuxième Livre les quatrième et cinquième Livres sont représentés par leurs pièces les plus structurées. Les Grandes Orgues de l’admirable Abbatiale de Tournus font partie du riche patrimoine dont la ville se préoccupe de très près. Gérard Goudet, co-titulaire du Grand Orgue est un organiste liturgique accompli poursuivant parallèlement une carrière de concertiste. Il ne semble pas superflu de rappeler que Tournus (Saône et Loire) est le siège du Centre international d’études romanes. C’est la ville natale de Greuze dont l’œuvre est largement représentée au musée qui porte son nom. L’église Saint Philibert ancienne Abbatiale reconstruite au XIe siècle, constitue l’un des exemples les plus originaux de l’art roman bourguignon.
Vincent Azamberti
(1) Prestant 00220