Accueil du site > Culture > RENCONTRE AVEC DANIEL DELORME
 

RENCONTRE AVEC DANIEL DELORME

mercredi 1er décembre 2010, par Journal de la Corse

Contact « Au théâtre, il y a les mots de l’auteur. En peinture ce sont mes mots à moi » Daniel Delorme Cette envie de peindre d’où vous vient-elle ? A l’adolescence, pour communiquer, comme j’étais très timide je me suis mis à écrire. Mais ça ne m’a pas suffi. Alors j’en suis venu à peindre pour dire aux autres ce que je ressentais … ces autres étant surtout des femmes ! Je me suis rendu compte que c’était très efficace. Le tableau devenait un raccourci et remplaçait la parole. Ça m’a valu de belles rencontres. Depuis quand exposez-vous ? Qu’est-ce qui vous a poussé à franchir le pas ? En 2000 un ami m’a demandé une toile pour son magasin. Il l’a vendu. Il m’a ensuite proposé d’exposer une trentaine de tableaux. Montrer mon travail n’est pas un besoin en soi puisque chaque fois je peins en pensant à quelqu’un de précis … Ce qui est terrible c’est que la toile est le plus fréquemment acheté par une autre personne que celle qui me l’a inspiré ! Au début avez-vous eu de l’appréhension à montrer votre travail ? Elle s’est très vite dissiper tant prime le bonheur de transmettre l’émotion qu’on a eu en soi en peignant et ce sans qu’intervienne des problèmes d’ego et en veillant à conserver toujours un peu de distance, de recul. Pourquoi une telle présence de l’écriture dans vos toiles ? L’écriture c’est la main qui se laisse aller et c’est l’état intérieur qui ressort. Vous utilisez beaucoup les lettres gothiques. Pour quelles raisons ? Pour leur beauté. Parce qu’elles sont des marqueurs d’époques. Parce qu’elles arrivent également à signer l’ancien et le moderne dans une même toile. Les points communs, selon vous, entre théâtre et peinture ? Comment effectuez-vous vos allers-retours entre ces deux arts ? Au théâtre, la narration est orale et il y a les mots de l’auteur. En peinture la narration est dessinée, et ce sont mes mots à moi. Quand je répète je sens une très forte tension car la pression est forte. En outre on dispose de peu de temps. Dans ce contexte peindre me détend, et les textes que j’apprends je les écris sur le tableau. Lorsque je ne prépare pas de spectacle je choisis mes propres textes ou ceux de poètes que j’aime : Hugo, Éluard, Desnos … Le théâtre est-il chez vous une passion précoce ? Ça date sans doute du cours préparatoire, quand l’instituteur me posait sur un bureau pour que je récite des fables de La Fontaine et que dans la foulée j’embrayais sur tout ce que je connaissais par cœur. Le fait d’avoir été fils unique jusqu’à 8 ans doit aussi avoir compté puisque des histoires je ne pouvais les raconter qu’à moi. Plus tard j’ai joué des sketches dans des villages de vacances. Les étapes de votre formation ? J’ai suivi les cours de Marie Joséphine Susini puis de Jean Pierre Lanfranchi. J’ai fais des stages au Cours Florent, au Théâtre du Soleil, à Olmi-Cappella avec Robin Renucci. Avec Unita Teatrale de JP Lanfranchi vous avez joué dans de nombreuses créations de cette troupe. Votre rôle préféré ? Panisse dans la trilogie de Pagnol … Un régal à interpréter parce que le texte est merveilleux. Parce que je me suis senti transporté dans le monde de Pagnol et c’était magique ! Comme comédien qu’attendez-vous ? Un grand rôle (rire)… Ce que j’aimerais surtout c’est pouvoir vivre de mon activité de comédien. Je voudrais aussi avoir l’occasion de rencontrer des gens qui me feraient avancer dans mon travail d’acteur. Vos attentes à l’égard d’un metteur en scène ? Avoir sa confiance. Pouvoir échanger en toute franchise. Être en osmose avec lui. Mais je veux également être force de propositions. Au metteur en scène de faire le tri ensuite. Propos recueillis par M.A-P

Répondre à cet article