« Actuellement il y a énormément de métissages. Les artistes ne sont plus prisonniers d’étiquettes et souvent il est difficile de les ranger dans telle ou telle catégorie ! » Stéphane Biancarelli Ne craignez-vous pas les répercussions du contexte socio-économique tendu sur la manifestation ? Nous avons déjà ressenti le contrecoup de la crise l’an dernier. Il est vrai que les sorties culturelles ne sont pas une priorité de l’heure pour beaucoup, mais nous comptons sur des artistes comme Marc Lavoine, bien ancré dans le succès pour attirer du monde. Par ailleurs nous adaptons nos tarifs qui vont de 14 à 44 euros au théâtre et sont de 8 euros à la Fabrique où se produisent chanteurs et musiciens à découvrir. Nous offrons également un concert gratuit au péristyle du théâtre le samedi. A la crise globale s’ajoute celle du disque. Quelles conséquences sur les concerts ? Les professionnels qui s’occupent des artistes sont obligés de faire des efforts sur les tournées et de veiller aux retours provenant du spectacle vivant. Le disque lui fait sa conversion au numérique ce qui oblige les producteurs à changer de stratégies. En fait les chanteurs ne renonceront pas à l’enregistrement car la vente de ligne a de l’avenir. Liz Mc Comb, grande dame du gospel, va diriger une master class. Comment celle-ci va-t-elle se dérouler ? Elle doit rassembler une centaine de choristes de toute la Corse. La date est fixée au 8 octobre, soit une semaine avant le passage de Liz Mc Comb au théâtre. Il est également prévu une autre séance en amont qui devra réunir tous les participants, qui ensuite peaufineront de leur côté. L’ensemble de la master class assurera la première partie du spectacle du 15 octobre. Les artistes à découvrir sont programmés à La Fabrique. Comment les choisissez-vous ? On tient compte de la qualité de leur écriture et de leur composition ainsi que de la façon qu’ils ont d’être en scène, dont on attend qu’elle soit très personnelle. Points communs de ces artistes : leur besoin de se faire connaitre du grand public. Dans le domaine des découvertes notre règle c’est encore l’éclectisme et le pluralisme des langues : français, corse, anglais, arabe … Dans le paysage musical contemporain quelles sont les dominantes ? Actuellement il y a énormément de métissages. Les artistes ne sont plus prisonniers d’étiquettes, et souvent il est difficile de les ranger dans telle ou telle catégorie ! Ben Mazué est un bon exemple : il mélange hip hop, slam, chanson française ! La nouvelle génération d’artistes s’inscrit dans des genres musicaux peu tranchés, sauf exception … Pour représenter la création insulaire vous avez opté pour Sekli et Anna Rocchi. Pourquoi ces choix très contrastés ? Leurs noms revenaient fréquemment dans nos discussions depuis longtemps. Sekli s’est engagé d’emblée dans la pop rock tout en s’exprimant en langue corse. Il a autoproduit deux albums et j’estime qu’on ne le voit pas assez sur scène dans ces propres créations. Quant à Anna Rocchi, elle se fait aussi assez rare en public, malgré sa voix magnifique et ses belles mélodies. On a pensé que le cadre de Sainte Croix était particulièrement adapté à son tour de chant. Le dimanche de clôture Alima & Lone Kent ainsi que Ben Mazué vont chanter à Migliacciaru. Pourquoi eux ? Ils sont un peu un condensé de notre scène découverte et s’insèrent bien dans le travail de longue haleine de l’association Anima qui œuvre sur la Plaine Orientale. Comme il y a de nombreux immigrés dans la région la programmation d’Alima, chanteuse algérienne, nous a paru aller de soi ; celle de Ben Mazué également car il s’adresse à un public jeune qui n’a pas les moyens de se déplacer sur Bastia ou Ajaccio. Votre coup de cœur ? … Nicolas Stavy, un pianiste qui va nous proposer du Chopin et qui s’affirme comme une pointure de la musique classique. Propos recueillis par M. A-P