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Livre Portrait d’artiste

mercredi 24 novembre 2010, par Journal de la Corse

Livre Entre le monde des mots et celui des signes picturaux s’instaure un inlassable dialogue, et ce n’est pas un hasard si de Diderot à Baudelaire les plus grands écrivains furent aussi les plus brillants critiques d’art ; couleurs et sens se répondant sans cesse tout est entre ces deux univers échos, harmonie, correspondance. Aussi ces chroniques estivales feront une place particulière au monde de l’art avec pour premier invité le plus brillamment insulaire des peintres corses : José Lorenzi. L’album paru aux éditions Critères retrace un parcours existentiel et créatif en offrant une anthologie de ses œuvres les plus marquantes, rend hommage à un talent protéiforme et à un artiste aux visages multiples, celui du :pédagogue plein de ferveur qui façonne une génération avide de découverte et cultivant l’amour du défi, du militant corsiste animé par un indéfectible attachement à sa terre natale qu’il réfracte à travers des toiles portées par un vibrato intense sans cesse réactivé, du créateur aux pulsions contradictoires donc fécondantes tenté par le désespoir mais faisant jaillir sous ses pinceaux un paroxysme de vie. Bonheur de voir surgir une œuvre cohérente et maîtrisée, parcourue de cycles qui l’irriguent comme autant de tentations, de dépassements, d’auto-engendrements successifs, bonheur de la plénitude d’une technique impeccable au service de l’expression pudique et intense à la fois d’une sensibilité et d’une sensualité à vif ; bonheur de l’exacerbation d’une vitalité cosmique qui fait de chaque tableau une noce, entre le ciel et la terre, entre des éléments qui fusionnent avec allégresse. La Corse y apparaît saisie dans une orgie de couleurs, infusée d’une lumière qui selon le mot de Camus « tue les questions » ; le peintre en capte et la chair et l’essence pour l’installer à la fois dans tous les temps, dans une aurore sans cesse renaissante, dans une échancrure d’éternité. Les visages aux traits brouillés, comme lissés par l’oubli sont porteurs à la fois d’insondables mystères et d’une tranquille assurance. .Au seuil de l’été, ce livre-là s’impose comme le viatique indispensable, fixant dans l’éternité de la création le fugace de l’instant heureux. Marie-Hélène Ferrandini José Lorenzi. L’insulaire. 160 p. 45 euros Citation : « Dans une échancrure d’éternité »

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