Entre la vie et la mort, une plume Jeanne Bresciani a déjà publié des romans, Affriques, La Danse de ténèbres, Les Vestiges de Janvier et Deux rues de la Marine. Elle a donc déjà eu l’occasion de faire découvrir son style et de l’approfondir. Dans ce cinquième roman, elle en montre toute la richesse et la densité. Chaque mot compte dans ce récit qui entraine le lecteur dans des réflexions sur la vie, la mort, l’amour, l’amitié et l’acte d’écrire. Récit original Si les morts ont souvent fait la part belle aux histoires, Marc Levy entre autres ne pourrait le nier, la poursuite du récit après la mort est un sujet relativement confidentiel, car il pose la question de l’au-delà du delà , du lien qui unit les vivants et les morts. À travers ce livre, Jeanne Bresciani se saisit de ses sujets de prédilection, la mort, la mémoire, la mélancolie, pour faire partager au lecteur les affres de l’écrivain et sa difficulté d’écrire. Pas comme un spleen à la Baudelaire, ni même comme un simple vague à l’âme, plutôt comme une plongée dans un récit original où le mystère affleure sans peser, où les sentiments servent de lien intemporel. Comme ce qui unit Vanina et Maxime, celui qu’elle appelle le «  (…) Don Quichotte de la syntaxe avec la mort pour Dulcinée…  ». Journal posthume Comment l’écriture peut survivre à son auteur ? Loin d’entrer dans une polémique à la Nabokov, Jeanne Bresciani replace le lecteur au cÅ“ur de la problématique : «  «  L’encre st notre sève, notre sang, mais il faut aussi que le l’esprit d’un lecteur s’empare de nous, de l’intimité de notre être pour nous communiquer son souffle car le souffle est le dernier soupir qui nous rend à l’éther, aussi impalpables que lui  ». Ainsi Maxime Desroches, écrivain, décède en juillet 1997, mais ne disparaît pas dans son dialogue avec Vanina, son amie corse avec laquelle il entretient des liens très particuliers. Lorsqu’il dit : «  Je n’étais sà »r que d’une chose : que nous serions pardonnés par le fait même d’être morts  ». Auquel Vanina répond dans son propre journal «  Les obsessions des morts hantent toujours les vivants  ». Et Vanina, de se souvenir de son ami, de sa vie consacrée à son art, et de faire écho à cet appel d’outre-tombe… Myriam Mattei Jeanne Bresciani, Journal d’outre-mort (Jusqu’à ce que les pierres fondent), Ed. PETRA, 204 pages, 18 € Citation «  Les obsessions des morts hantent toujours les vivants  »