Sur les traces de Bacchus En 2000, Nicolas Stromboni et Olivier Bertholle, deux œnophiles -ils se définissent comme tel- créent « Divino », une société de distribution de vins destinés aux professionnels. Dix ans plus tard, cette passion vinicole a débouché sur deux autres concepts : Vins de 20, où les vins corses sont exportés sur le continent, en Europe ou aux Etats-Unis, et surtout « le chemin des vignobles », une cave destinée aux particuliers. Amateurs de bon vin ou néophytes y trouveront leur bonheur, parmi mille deux cent vins différents. Le tout sur les conseils de trois sommeliers. Rencontre... Quand il évoque le vin, Nicolas Stromboni sait, à l’évidence, de quoi il parle. Des cépages aux terroirs en passant par les domaines ou la dégustation, le « Nectar des Dieux », depuis l’antiquité, n’a pas de secret pour lui. Les explications fusent, plus claires les unes que les autres. Logique lorsque l’on est bien plus qu’un simple œnophile. Humble, le responsable du « le chemin des vignobles » (créé en 2007 avec Olivier Bertholle) refuse de mettre en avant son statut de président de l’association des sommeliers corses. « Le vin est une aventure humaine » « Le vin, explique t-il, c’est une véritable aventure humaine. On touche à la gastronomie, la pédologie (étude des sols), l’ampélographie (étude des vignes et des cépages), mais aussi à l’histoire et à la société. » L’aventure de Nicolas et Olivier a débuté il y a une dizaine d’années avec « Divino », une société de distribution des vins corses aux professionnels. Sept ans plus tard, « Vins de 20 » voit le jour. Une deuxième société, destinée toujours aux professionnels. À la différence -de taille- près que les vins corses sont distribués dans toute la France (notamment chez Ducasse), en Europe et même jusqu’aux Etats-Unis. Et, enfin, dans la foulée, « le chemin des vignobles » est inauguré la même année. Un concept, celui-ci, réservé aux particuliers. « Notre métier s’est diversifié, poursuit Nicolas Stromboni, il y a une véritable attente de la clientèle. Nous avions une vision plus moderne de cette activité, on s’est efforcés de la développer. » Une nouveauté : le « coffre-fort à vin » Ainsi, les locaux, situés Avenue Noël Franchini, à Ajaccio, s’étalent sur 200 m2 et regroupent 1200 vins différents, de même que d’autres alcools (250 whiskies, 100 champagnes et 100 spiritueux). On retrouve, outre de vieux millésimes corses, l’ensemble des vins de l’île, ainsi que les meilleurs vins français (Bordeaux, Bourgogne, Côte du Rhône entre autres) et européens (Espagne, Italie, Autriche, Allemagne, Portugal). Les deux associés ont, néanmoins, apporté une touche supplémentaire à cette société, en y développant des idées nouvelles. Ainsi, des conseils à la gestion de cave, la dégustation, le choix des vins et leur accord avec le met, chacun trouvera son bonheur, guidé, dans ses choix, par l’un des trois sommeliers du « chemin des vignobles ». Un chemin emprunté par les responsables eux-mêmes. « C’est un plaisir, ajoute Nicolas Stromboni, mais également une nécessité. Nous rendons régulièrement visite aux vignerons de Corse mais aussi d’ailleurs. Il est incontournable de connaître parfaitement ce que l’on propose aux gens. Et finalement, plus on voyage, plus on découvre de nouvelles choses. » Autre nouveauté, à compter de janvier 2011, la mise en place d’un « coffre-fort à vins », une idée déjà bien implantée dans la capitale. Les particuliers louent un espace, aux températures, bien entendu, requises, dans l’établissement. Ils y ont la possibilité de stocker leurs bouteilles, répertoriées sur ordinateur. Sur simple demande et selon les besoins, une ou plusieurs bouteilles, sont livrées -après conseils du sommelier- à leur domicile. Et le vin corse dans tout ça ? « C’est un vin aux multiples personnalités ; Il a, de par sa mosaïque de terroirs, des profils différents. Il est très apprécié sur le Continent, où son rapport qualité-prix est imbattable. Le marché français est, en tout cas, très captif. Le problème, c’est, bien souvent, de trouver l’approvisionnement. » Des vieux millésimes aux vins plus récents, de la Corse à la Bourgogne en passant par le Bordelais, l’Alsace ou le Rhône, vins de France ou d’ailleurs, chacun trouvera, parmi ce « trésor » vinicole, la bouteille susceptible de se marier idéalement avec les menus de fête, ou non. Une bonne idée de cadeaux, en tout cas, pour la période qui s’annonce. Philippe Peraut