« L’humour n’est-il pas une façon de rendre la vie vivable ! » Michèle Corrotti Une édition du festival sous le signe de la comédie. Parce que rire et sourire sont indispensables ? Sans humour la vie ne serait pas drôle, c’est le moins qu’on puisse dire ! L’humour n’est-il pas une façon de rendre la vie vivable … et de surmonter petits soucis et graves crises. C’est aussi une politesse du cœur. Les tonalités de la compétition ? Là, les sujets ne sont pas très gais mais, souvent, les histoires se terminent de manière surprenante et positive. Avec leurs situations à la limite de la vraisemblance ces films empruntent volontiers un sens allégorique, métaphorique. Fréquemment ils mettent en scène des personnages hors de leur contexte habituel. On pourrait les qualifier de « déplacés ». La réalisation israélienne nous entraine par exemple dans un road movie en Roumanie. La production canadienne a pour cadre le Moyen Orient. Le film italien se passe en Forêt Noire parmi les camoristes, et l’espagnol en Bolivie. Pourquoi, cette année, si peu de réalisations du Moyen Orient ou du Maghreb ? Nous voulons ouvrir Arte Mare à d’autres thématiques et donc à d’autres filmographies. Notre objectif, en direction du public, est de faire des propositions qui soient dans un cadre moins contraignant. De festival en festival vous affirmez avec de plus en plus de netteté votre évolution ? Il ne nous est plus possible de présenter une soixantaine de films comme avant ! D’une part les cinémas de la ville ne sont plus disponibles pour des programmations non commerciales. D’autre part notre enveloppe budgétaire n’a pas bougé depuis dix ans – elle a même légèrement diminué ! Dans ces conditions on préfère changer la donne et chercher une cohérence misant sur la variété et la qualité. Bien obligé de constater que les temps ont rudement changé … L’évolution de votre ligne éditoriale ne se borne pas au cinéma ? Notre propos est de replacer le cinéma dans l’ensemble des arts, et de ne pas considérer que les expositions, les conférences, les rencontres littéraires sont des garnitures destinées à enjoliver les plat ! Nous souhaitons que toutes les disciplines artistiques se croisent. D’où une grande exigence demandée aux plasticiens. D’où une volonté que le prix Ulysse pour l’ensemble d’une œuvre enrichisse toute la manifestation et aide également à promouvoir le prix du premier roman. Le prix Ulysse à PPDA n’est-ce pas un peu people ? Romans, essais, livres de voyage Patrick Poivre d’Arvor a beaucoup publié et le prix Ulysse n’est pas conçu pour récompenser une œuvre peu accessible. Par ses émissions télé PPDA a contribué à faire découvrir des auteurs et c’est bien. L’inviter c’est également un clin d’œil au Breton qu’il est. En 2010 votre partenariat avec la chaîne Arte prend de l’ampleur. Pourquoi ? Quand nous avons pris le nom d’Arte Mare nous avons demandé à la chaîne télé son parrainage, car son but est de rendre plus compréhensible notre monde ce qui correspondait à nos objectifs. Et puis c’est un honneur d’être associé à Arte. Cette année nous programmons quatre de ses coproductions au lieu d’une auparavant. Des difficultés particulières pour cette année ? Toujours des retards dans le vote des subventions publiques. On aimerait que les trois institutions qui nous soutiennent financièrement versent la moitié de leur aide en janvier-février, ça faciliterait beaucoup le travail. Ce qui vous pousse à reprendre tous les ans le collier ? Les retrouvailles avec l’équipe d’Arte Mare et l’accueil de nouveaux bénévoles. On forme une drôle de famille ! Une famille choisie … Propos recueillis par M.A-P