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INTERVIEW MARC BOXBERGER

mercredi 24 novembre 2010, par Journal de la Corse

Interview « Notre priorité de l’heure, le repérage des artistes. » Marc Boxberger Votre priorité ? Dans l’immédiat : repérer les artistes, phase qui doit précéder toute diffusion qui sera envisageable à la suite de passages sur des « Scènes ouvertes » et des « Tremplins ». Après quoi nous pourrons proposer nos divers accompagnements : artistiques, techniques, administratifs. Vous pouvez cornaquer des artistes à trois stades de développement. Qu’entendez-vous par le premier d’entre eux : « Les jeunes groupes » ? Il vaut mieux parler de groupes émergents, ceux qui n’ont pas ou très peu d’expérience de la scène, et donc pas de retours sur leur prestation scénique. Peu importe l’âge de ces artistes ou leur formation. Capital pour nous par contre : savoir si ce sont des groupes de loisirs ou s’ils ont vocation à aller plus loin. Comment définir ce que vous nommez « Groupes intermédiaires » ? Ce sont les groupes qui ont dépassé la phase émergente et qu’on peut évaluer avec un recul. A leurs égards nous montrerons plus d’exigence de qualité sur tous les plans. Un jury du « RéZo » les jugera également lorsqu’ils se produiront aux « Tremplins » que nous organiseront. Qu’apporterez-vous aux artistes dont vous estimez qu’ils ont atteint le niveau de la professionnalisation ? Prenons un cas concret : le Jakez Orkeztra. Par le biais du « RéZo » ce groupe a pu avoir une résidence de création au Centre Culturel Anima suivie d’un concert. Il a pu également participer au Printemps de Bourges 2010 et être présenté au Chaînon Manquant à Toulon. Il a encore bénéficié d’un soutien administratif et d’une aide à la promotion (affiches). Nous nous proposons en outre de monter des dossiers en direction de structures nationales pour tout groupe en voie de professionnalisation. Vos critères d’évaluation des groupes ? Notre jury les évalue sur leur créativité, sur la qualité de leurs textes et de leurs musiques, sur leurs arrangements, sur leur technique instrumentale et vocale, sur leur présence en scène, sur leur démarche et leur propos artistique qui doit s’inscrire dans le cadre des musiques actuelles. Ces artistes ne doivent pas non plus avoir de producteurs. D’après vous qu’est-ce qui est spécifique au contexte corses en matière de musiques actuelles ? Comme à la Réunion ou à la Martinique on a souvent l’impression que l’île est un terrain d’essai ou le lieu d’un autotest. Peut-être est-ce proprement insulaire ! Pourquoi est-il si dur de sortir de l’insularité ? Par appréhension, par peur, je ne sais … Ici, les artistes vendent pas mal d’albums directement après les concerts, sur les foires, par le net. La CTC aide de façon plutôt conséquente à la création phonographique. Là, où le bât blesse c’est le manque de contacts avec des tourneurs et des producteurs de l’extérieur. C’est pourquoi nous voulons développer les connexions en direction des réseaux nationaux du genre. Soutenez-vous uniquement les groupes ? Nous aidons bien sûr les artistes qui chantent en solo. Ainsi David Solinas. A terme « Le RéZo » souhaite constituer un « Pôle régional de Musiques Actuelles ». Qu’est-ce que cela représente ? Plutôt qu’un « Pôle régional de Musiques Actuelles » qui implique la mise en place d’une politique culturelle nous préférons nous diriger vers une « SMAC » (Scène des Musiques Actuelles) agréée par le ministère de la Culture pourvus de moyens adéquates et répondant à un cahier des charges. Nous voudrions ensuite réaliser un centre de ressources. Propos recueillis par M. A-P

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