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Exposition à L’Isula « États et empires de la lune »

mercredi 1er décembre 2010, par Journal de la Corse

Cd A la jonction de ses deux passions – le théâtre et l’astronomie – Daniel Delorme invite à découvrir son exposition de peinture, « États et empires de la lune », (1) à l’Isula. (2) Le théâtre … parce qu’il est comédien et qu’il adore la scène. L’astronomie … parce que c’est le rêve incarné en science et un questionnement sur la création. Sur les mystères du commencement, et sans doute aussi sur les angoisses de fin du monde et d’Apocalypse. Les titres des œuvres par leur poésie et leur force évocatoire sont déjà des débuts de voyage dans l’espace interstellaire ou dans celui infini de l’intimité de chaque individu. Et nous voilà embarqué dans un « Poker d’âme », sur la « Luna turchina », dans des nuées de « Bleu orange ». Deux couleurs récurrentes de l’exposition autour desquelles s’organise la musique des œuvres avec également des envolées de beau rouge et de beige chair plein de douceur. La peinture de Delorme n’est pas seulement matière surgie de pigment et de poudre de marbre, elle est écriture harmonieuse avec ses aériennes graphies du XVIIIe siècle, avec ses feuillets imprimés extraits de recueil de théâtre d’il y a cent ou deux cent ans, avec des manuscrits de l’artiste où l’on peut lire certains de ses poèmes. Papiers collés et surcollés, fragments comme préservés de l’usure complète du temps pour suggérer des palimpsestes de mémoire au gré d’un hasard voulu né d’une mise en scène sur toile ou sur bois. Les réalisations exposées à L’Isula ont un côté ludique et un côté grave. Ludique car Delorme ne se pique pas de nous délivrer un cours savant d’astronomie mais nous propose de jouer avec notre imaginaire. Grave car mine de rien il touche à l’essence de l’être. De la vie … S’il a la tête dans les étoiles, il a aussi le cœur sur terre. Un cœur happé par l’actualité dans ce qu’elle a de douloureux et de révoltant (y-en-a-t-il vraiment une autre ?) avec cette toile dédiée à la jeune iranienne, Neda, tuée lors d’une manifestation en Iran. Le travail que l’on peut voir à L’Isula a été inspiré par le lieu, convivial, raffiné, accueillant et plein de ressources. Il vaut le détour. Michèle Acquaviva-Pache (1) Jusqu’au 17 décembre (2) Rue des Jardins à Bastia

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