Rencontres de Chants Polyphoniques de Calvi A Filetta et Kodo … exceptionnel ! Les Rencontres de Chants Polyphoniques nous offrent tous les ans des moments rares, précieux, uniques, ainsi lorsque le groupe japonais Kodo s’est produit aux côtés de A Filetta à Bastia puis à Calvi. Kodo c’est l’art des percussions, des tambours déclinés en toutes tailles du plus petit au plus majestueux. A Filetta ce sont ces voix remarquables issues de la tradition insulaire et fertiles en créations. Kodo, A Filetta, a priori deux univers expressifs opposés et pourtant … la magie de la différence opère. Les deux mondes se rapprochent en un cheminement commun qui émerveille l’oreille et enthousiasme l’œil. Ils font route de concert – A Filetta et Kodo  » - en des instants partagés de rutilance musicale, sans perdre une once de leur singularité réciproque. L’idée d’un face à face scénique des formations de Corse et du Japon revient au chorégraphe, Sidi Larbi Cherkaoui, à son danseur étoile nippon et à l’agent de ce celui-ci. A l’époque les insulaires étaient au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles pour travailler sur une chorégraphie. Puis en 2008 deux membres de Kodo assistent aux Rencontres de Chants Polyphoniques de Calvi. La prise de contact va déboucher sur une résidence d’artistes de cinq jours à Paris au printemps dernier, lors de laquelle les deux groupes apprennent à se connaitre et à œuvrer conjointement. Le spectacle sera finalisé en aoà »t au Japon, sur l’île de Sado, où vivent les musiciens et les chanteurs de Kodo. Mais, qu’on ne s’y méprenne, la réussite de l’entreprise est le fruit d’un labeur assidu en amont de la part des Japonais et des Corses ! Attitude à méditer car le talent s’érode vite sans l’humilité, la persévérance et le goà »t de l’effort. Très préservée avec son environnement sauvage l’ile de Sado est accessible après 8 heures de route depuis Tokyo, un trajet suivi d’une traversée maritime de deux heures. Particularité de Sado ? L’endroit est le réceptacle des arts japonais. Là , en effet, étaient autrefois exilés les intellectuels taxés d’être des gêneurs. Résultat heureux : les lieux ont permis entre autres de sauvegarder l’art des percussions et de développer le théâtre Nô. Dans ces conditions l’île était presqu’une évidence pour l’implantation de Kodo en 1981. Depuis cette date la formation a généré une ruche bourdonnante d’activités et de créativité. «  Le groupe a un discours sur la tradition proche du nôtre. Pour lui il est capital qu’elle perdure tout en se confrontant aux autres cultures et en se régénérant par la création  », souligne Jean-Claude Acquaviva. Michèle Acquaviva-Pache   (Photos Jean-Marie Colonna)