SURGHJENTI : «  OGHJE….IN SCENA  » Le dernier en date des albums gravés par les Surghjenti est paru. Son titre : «  Oghje…in scena  » (1). Il a de l’à propos, comme fréquemment les productions des Surghjenti, inspiré par le souci de faire se continuer les acquis du riacquistu culturel. «  La poésie, écrivent-ils, est une arme, une arme chargée de futur. Et pour pouvoir imaginer ce futur, pour pouvoir le construire, il faut passer par la sauvegarde de notre langue, de notre culture, de notre terre  » Propos répétés, ressassés même, mais qu’on ne peut ne pas admettre, à condition toutefois que les mots se convertissent en actes. En l’occurrence, le labeur des Surghjenti est acte. Si seulement tous ceux qui parlent agissaient ! «  Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action  » (Bergson). Les Surghjenti donc, auxquels il faut accorder qu’ils ont quelque chose à dire et qu’ils le disent dans l’espoir de convaincre. D’autres l’ont fait et le font encore. Ils ont raison : on ne soutient jamais trop les vérités. Et chanter peut être une action efficace. C’est peut être en cela que toute nation a un hymne. Cette production des Surghjenti nous inspire donc des égards. C’est bien chanté.  Il y a de l’ardeur. Une réflexion un peu audacieuse, nous sollicite. Nos meilleurs groupes de chanteurs corses nous procurent de bonnes réalisations mais sans qu’on puisse parler de mimétisme, il advient un peu trop souvent qu’on ait du mal à leur accorder une véritable personnalisation de ce qu’ils produisent. Est-ce trop osé de livrer ces dires ? Aux auditeurs d’en décider. Rappelons cependant que l’authentique création artistique est celle qui relève d’une perception neuve et unique et  par conséquent débouche sur ce qu’on n’avait encore jamais vu ou entendu. Il reste à dire que «  Oghje  in scena  » se compose de quinze pièces auxquelles s’ajoute un  «  Dio vi salvi Regina  » accordé à la volonté du public. I Surghjenti sont dignes de ce qu’on peut appeler leur histoire. Vincent Azamberti (1) Ricordu CDR281-RI 40