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9ème édition de « Parole Vive » L’argent … fou !

jeudi 6 janvier 2011, par Journal de la Corse

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L’argent remplit les portefeuilles et agite les consciences (enfin quelques unes) depuis Aristote en Occident. Au fil des siècles on verra quelques pères de l’Église et de doctes théologiens islamiques affirmer que « l’argent ne fait pas de petits » et bannir ainsi l’intérêt. L’association « Parole Vive » que préside Virginie Cervoni avait choisi de centrer les débats sur « Pouvoir de l’argent, argent du pouvoir », un intitulé en phase avec les ciels plombés dont nous font cadeau les tripatouillages à l’échelle planétaire de (soi-disant) experts de la finance … (estampillée) de haut vol. « Penser l’argent ? » belle thématique retenue par Jean François Pietri, professeur de philosophie, judicieuse aussi tant (quand on en a) le réflexe est de dépenser ou d’entasser ses picaillons, et point trop de méditer sur son sens voire sa signification profonde ! Argent moyen ou argent objectif de vie ? Valeur réelle ou valeur fictive ? Mais si l’argent à la sauce Occident semble avoir séduis (conquis) presque toute la planète qu’en est-il dans d’autres civilisations encore légèrement épargnées ? Sont-elles toutes touchées par la même hystérie collective ou les dégâts n’atteignent-ils qu’une petite caste encore réduite en nombre ? « Peut-on contrôler l’argent ? » c’est à cette question qu’ont tenté de répondre Charles-Henri Filippi, haut fonctionnaire reconverti dans la banque, et Marc Guillaume, économiste. Passage obligé pour ces intervenants : la crise actuelle bien sûr. Raison essentielle : l’explosion de la quantité d’argent en circulation, argent de plus en plus immatériel, phénomène amplifié du fait de la primauté de la finance qui a relégué l’institution bancaire au second plan. Autre cause : le vieillissement d’une population attendant une protection de son épargne équivalente à celle de la croissance. De quelle manière sortir de cette crise ? En rénovant les concepts globaux de l’économie de marché, en trouvant un rééquilibrage mondial entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas. Mais ces démarches ne peuvent être lancées sans se pencher sur le rôle de l’État et sans revigorer celui de la politique dans la cité. Avec la conférence de Bernard Friot, économiste et sociologue, le registre était très différent en particulier sur les retraites et les retraités à considérer non comme des boulets pour la société mais comme des richesses. A souligner que « parole Vive » c’était également un hommage à Camus avec Michel Ange Torrent-Turi, de la musique avec la chanteuse, Annick Cisaruk, et ses reprises de Ferré, et avec A Salducci.

Michèle Acquaviva-Pache

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