Accueil du site > Societe > Stupéfiants stupéfiants
 

Stupéfiants stupéfiants

jeudi 9 décembre 2010, par Journal de la Corse

Le dossier sur la drogue semble sans fin et se creuser sans cesse. La Corse, que l’on pensait préservée n’est pas du tout protégée. Et les jeunes ont pris le flambeau de la lutte. A droga fora ! Constatant une banalisation de la consommation de drogue parmi les jeunes, ainsi qu’une recrudescence de la violence et de la délinquance, une action conjuguée des jeunes et des syndicats a brisé cette loi du silence autour d’une pratique plus qu’inquiétante. La drogue, ce fléau La route est toujours meurtrière, avec pour causes principales l’alcool, la drogue et la vitesse. D’où un renforcement des contrôles de dépistage, avec les kits salivaires, et de la surveillance policière sur les bords des routes. Autre facteur aggravant, la drogue a été identifiée comme étant la cause essentielle des braquages effectués en Corse-du-Sud en 2009. La drogue est bien en passe de devenir un réel fléau pour toute l’île. Certes les frasques estivales de Paris Hilton prise avec de la drogue à l’aéroport de Figari, ou le procès du trafic de cannabis par hélicoptère qui s’est tenu au tribunal correctionnel de Marseille sont autant de dossiers à charge pour la drogue, de même que l’affaire Delarue et la banalisation de la prise de cocaïne…A droga fora ! Autant dire que cela va dans le sens du slogan scandé par les organisations représentatives de la jeunesse, l’Associu di i Liceani Corsi, Ghjuventù Tocca à Noi, les syndicats étudiants Ghjuventù Paolina et A Cunsulta di a Ghjuventù Corsa, ainsi que l’Associu di i Parenti Corsi. Comme l’ont expliqué les porte-parole, « Nous avons décidé de reprendre le combat mené dans les années 1980. Le constat d’aujourd’hui est édifiant. Alors qu’il y a quelques années la drogue était marginalisée et combattue par des forces vives de ce pays, aujourd’hui, toutes les barrières sont tombées. Il n’y a plus aucun obstacle et elle se diffuse dans toutes les couches de la société avec pour conséquence une déstructuration et une perte de repère dans la jeunesse, mais également une criminalisation grandissante. » Insistant sur « la banalisation inquiétante et inacceptable de la consommation des drogues les plus dures, en ville comme dans les villages », les porte-parole ont également ajouté que « la perte des valeurs traditionnelles, l’attrait de l’argent facile, une économie assistée et paupérisée ont fait le lit de cette calamité qui menace gravement la cohésion de notre société. » Leur plan d’actions s’axe autour de la sensibilisation de la population par une campagne d’affichage et un débat à l’université, ainsi que des actions d’information dans les établissements secondaires et supérieurs, pour que « la société civile tout entière s’empare de ce problème. »Trafic et consommation La consommation de drogue est malheureusement un marché qui est reconnu comme de plus en plus florissant. Ainsi que l’indique un membre de la police, « Il n’y a pas si longtemps, lorsqu’on appréhendait des consommateurs, on avait le plus souvent affaire à des usagers de haschisch. Aujourd’hui, on constate un basculement assez net vers la cocaïne. Nous faisons de cette lutte une priorité forte. Il y a eu, au niveau des enquêtes, quelques belles réussites et des saisies intéressantes comme celle de Calvi, mais il faut se rendre à l’évidence : la Corse n’est plus à l’abri des drogues dures. Les contrôles seront intensifiés ». Autant dire que le sujet sur les salles de consommation, qui existent déjà dans d’autres pays européens, n’aura pas les faveurs de la population insulaire. En août dernier, dans un communiqué François Fillon avait rejeté l’idée de ces salles de consommation car « la priorité du gouvernement est de réduire la consommation de drogue en France, non de l’accompagner voire de l’organiser. ». Mais la vocation de ces salles est aussi de limiter les risques sanitaires et d’enrayer des maladies infectieuses comme les hépatites et le Sida, tout en permettant de restaurer du lien pour des personnes, qui sont marginalisées et en grande rupture. 53 % des Français sont d’ailleurs favorables à l’ouverture de ces salles de consommation supervisées pour usagers de drogue. Alors, ne pas marginaliser les consommateurs, tout en intensifiant la lutte, voilà un nouveau paradoxe et sujet sensible.Maria Mariana

Répondre à cet article