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Session Positions hétéroclites pour un consensus

mercredi 1er décembre 2010, par Journal de la Corse

Identité Nombreux étaient ceux qui attendaient cette session de l’Assemblée territoriale consacrée à la réorganisation de la continuité territoriale. Représentants des compagnies maritimes, des syndicats, du personnel avaient pris place dans la partie réservée au public dominant l’hémicycle. Les conseillers territoriaux, eux, avaient soigneusement préparé leurs interventions. Ces prises de parole trouveront une concrétisation en décembre ou en janvier. « Un consensus peut être trouvé. Il y a certes des nuances, des différences mais tout le monde a souligné que l’intérêt supérieur de la Corse et des Corses devait guider notre action », s’est réjoui Paul-Marie Bartoli à l’issue de la journée. Un enthousiasme que ne partagent pas les 51 conseillers de l’hémicycle. « C’est un rapport d’orientation sans ligne directrice. Où sont les propositions de l’Exécutif ? », s’interroge-t-on dans les couloirs de l’Hôtel Région. Après avoir proposé une présentation globale de la situation, Paul-Marie Bartoli a laissé s’exprimer les différentes sensibilités. Disparité des positions Hétéroclites est sans doute l’adjectif qui qualifie le mieux les positions de l’hémicycle. Les uns prônent une remise à plat totale, les autres plaident pour des ajustements, certains sont d’accord avec l’extension de la DSP mais refusent la suppression des deux dispositifs menacés de disparition. Tous se sont tout de même accordés à décréter que le système actuel était aussi coûteux que déséquilibré et que les contrôles des compagnies devaient être accentués. Pour l’UMP, Camille de Rocca Serra s’est réjoui que les six ports de Corse soient préservés quelle que soit la nouvelle organisation de la desserte maritime. Puis Ange Santini a exprimé sa désapprobation quant à l’extension de la DSP au port de Toulon. « Ca recrée un monopole de fait, a-t-il estimé. Nous restons d’accord sur le principe du système actuel qui doit cependant être réajusté. A l’Exécutif de proposer un modèle plus économique et tout aussi performant qui préserve les emplois dans chacune des compagnies ». Attention partagée par Jean-Baptiste Luccioni du groupe Corse social-démocrate : « Quels que soient nos choix, nous devons tenir compte des emplois et faire en sorte que cette nouvelle DSP ne se traduise pas par des plans sociaux ». Corsica Libera a rejeté en bloc les propositions de suppression de l’aide sociale et du service complémentaire tout comme l’extension de la DSP au port de Toulon. « Ces mesures contraindront la Corsica Ferries à arrêter son activité entre la Corse et la France et menaceront donc les emplois », a argumenté Jean-Guy Talamoni. Les élus de Corsica Libera craignent également que ces mesures, si elles sont appliquées, ne permettent à la SNCM, donc à Véolia, actionnaire majoritaire, de prendre le monopole. « Cette multinationale a un comportement inquiétant en s’emparant de façon méthodique de secteurs stratégiques en Corse. Nous ne pouvons pas laisser une compagnie privée prendre l’administration de l’île », a-t-il insisté. Une compagnie régionale L’idée de la création d’une compagnie régionale s’est invitée dans l’hémicycle par la voix de Corsica Libera. « Cette hypothèse d’une compagnie publique maritime nous paraît la seule proposition sérieuse et la seule piste capable de sortir la Corse de l’ornière », a plaidé Jean-Guy Talamoni. Selon Paul-Félix Benedetti, avec une enveloppe annuelle de 75 millions d’euros, le service de base pourrait être assuré autant pour les passagers que pour les marchandises. Scepticisme du côté de la droite. Pour Ange Santini, la CTC n’est pas calibrée pour assumer une telle « lourdeur économique ». A gauche, la circonspection est de rigueur. « Nous serons extrêmement attentifs aux conclusions de l’étude de faisabilité, prévient François Tatti pour la gauche républicaine. Si nous partons sur la création d’une compagnie régionale, nous n’aurons plus de choix…. ». Le conseiller exécutif en charge des transports a quant à lui déclaré ne pas être hostile à cette hypothèse. Paul Giacobbi a ramené le débat sur un terrain pragmatique lors de sa conclusion. « Les entreprises publiques sont devenues une rareté et souvent elles ne fonctionnent pas très bien. Et ce n’est pas parce que vous êtes propriétaires d’une compagnie qu’elle a la moindre chance supplémentaire d’emporter les appels d’offres ». Le groupe Femu a Corsica a quant à lui donné une dimension européenne à ce débat. « Nous devons explorer des pistes à partir des autoroutes de la mer, a lancé Jean-Christophe Angelini. Il est aujourd’hui indispensable de raisonner en terme de continuité territoriale européenne qui n’est ni antinomique avec nos échanges avec le Continent ni contradictoire avec les attentes des Corses ». Au Conseil exécutif maintenant de bâtir une nouvelle architecture de la continuité territoriale qui rencontrera l’unanimité. Vaste programme…. M.K

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