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Révolution contre élection

jeudi 18 juillet 2013, par Journal de la Corse

Egypte, nouvel épisode

Révolution contre élection

Les mois qui viennent de s’écouler marquent une nouvelle évolution politique de l’Égypte. Le régime régulièrement élu en 2012 du Président Morsi, avec le soutien notamment des Frères Musulmans, se heurte à une opposition déterminée, qui organise partout dans le pays des manifestations populaires, exige le départ du Président élu et réclame de nouvelles élections.

Les derniers événements

Les manifestations anti Morsi sont allées crescendo au cours des derniers mois, et ont donné lieu d’une part à des heurts avec la police, d’autre part à des affrontements entre adversaires et partisans du chef de l’État. La manifestation du 30 juin, date du premier anniversaire de la prise de fonction du Président Morsi, a été présentée par ses organisateurs comme le point culminant des actions de rue. Elle a effectivement rassemblé de très nombreux protestataires dans la plupart des villes. Le nombre total des manifestants est difficile à évaluer, mais on parle grosso modo de « plusieurs millions ». Les dirigeants du mouvement, qui tentent de réunir toutes les oppositions sous l’appellation « Tamarod » (révolte), ont organisé parallèlement une pétition qui aurait recueilli plus de 15 millions de signatures. Ils ont le 30 juin lancé un ultimatum au Président Morsi : ils lui donnent quarante huit heures pour se décider à quitter la Présidence et remettre le pouvoir à une autorité de transition, qui aurait pour première mission de préparer une nouvelle constitution et de nouvelles élections législatives et présidentielles. Le chef d’état major a dès le lendemain emboîté le pas en déclarant que l’armée donnait quarante-huit heures au pouvoir pour « satisfaire les demandes du peuple », faute de quoi elle imposerait « une feuille de route. » La Présidence a alors rappelé que « l’État démocratique civil est une des plus importantes conquêtes de la révolution de 2011 » et a exclu tout « retour en arrière ».

Les thèses de l’opposition

Depuis l’élection du Président Morsi et du parlement où son parti est majoritaire, des opposants de plus en plus organisés s’activent. Se déclarant laïcs, ils accusent le Président de vouloir installer un pouvoir d’abord inspiré par la religion musulmane. Se déclarant avant tout proches du peuple, ils considèrent que le pouvoir n’a pas pris assez d’initiatives pour lutter contre le chômage et la pauvreté. S’affirmant démocrates, ils assurent être les champions de la démocratie en Égypte. Ils tiennent pour irrégulières les élections qui ont l’an dernier porté au pouvoir le Président Morsi et le parlement qui le soutient. Le Parlement, la justice et l’armée Le parlement élu au suffrage universel après la révolution est majoritairement composé de partisans du Chef de l’État : Frères Musulmans, ou autres partis religieux, mais aussi alliés de gauche. Cependant cette majorité enregistre des défections dont celles des Salafistes qui penchent maintenant pour l’opposition. La Justice ne lui est pas favorable, dans la mesure où la plupart des magistrats ont été mis en place sous le régime antérieur du Président Moubarak, avec qui ils ont étroitement collaboré. Il en va de même pour la Cour Constitutionnelle qui mène contre le Président Morsi une guérilla active. L’armée, traditionnellement au coeur du pouvoir dont elle fournissait le chef suprême, de Nasser à Moubarak, n’avait pas empêché la chute de ce dernier en 2011, mais avait très vite tenté de reprendre le contrôle de la vie politique, avant de se décider durant l’été 2012 à accepter l’autorité du pouvoir civil qui venait d’être élu. Elle montre qu’elle est prête à revenir sur le devant de la scène : elle le fait aujourd’hui au nom du peuple et pourrait le faire demain au nom de l’ordre public.

Les mois qui viennent de s’écouler marquent une nouvelle évolution politique de l’Égypte. Le régime régulièrement élu en 2012 du Président Morsi, avec le soutien notamment des Frères Musulmans, se heurte à une opposition déterminée, qui organise partout dans le pays des manifestations populaires, exige le départ du Président élu et réclame de nouvelles élections. Egypte, nouvel épisode Révolution contre élection

Cettte page est réalisée en partenariat avec « La lettre de l’Afrique « dont le fondateur est Louis Dominici.

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