Qu’on en finisse avec les débats qui n’apprennent plus rien. Place aux échanges et projets concernant la vie ordinaire.
Dans le débat politique et les médias, les problématiques concernant les conditions de vie difficiles de millions de Français, sont reléguées à l’arrière-plan par les centres d’intérêts de privilégiés ou les revendications d’individus capables de constituer des réseaux d’influence. Ainsi, depuis des semaines, nous vivons au rythme des frasques de Monsieur Gérard Depardieu. Nous subissons une « overdose » de traitement médiatique consacré à l’aspiration des LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) à convoler en justes noces. Nous devons aussi supporter les âneries proférées par les homophobes. Enfin, nous voilà contraints de supporter les épisodes de la vie de Florence Cassez (photo). Pour être franche, je ne considère pas que tout cela relève du vital. Certes les jérémiades fiscales de Monsieur Depardieu m’irritent. Certes, je doute que Madame Cassez ignorait tout des activités criminelles de son ex. Certes enfin, j’eusse préféré un cadre d’union civile accordant aux LGBT les droits liés au mariage et une réflexion plus développée sur les questions relevant de la filiation. Mais, après tout, peu me chaut que le radin Gérard devienne russe, bonne chance à la belle Florence, et l’épreuve du temps montrera si le « mariage pour tous » aura représenté le bon choix pour les tourtereaux et leurs progénitures. Alors, de grâce, que le personnel politique et les médias passent vite à autre chose. Qu’ils accordent plus d’attention et de visibilité aux personnes qui souffrent de la précarité et de la misère. Qu’ils s’attachent à cerner et dénoncer les responsabilités criminelles des accapareurs et des spéculateurs qui, pour satisfaire leur rapacité, condamnent au malheur des millions d’êtres humains. Et qu’ils n’oublient pas de louer tous ceux qui agissent socialement, économiquement, intellectuellement ou culturellement, pour un monde meilleur.
Marre de 50 ans de redites !
Au plan insulaire, nous vivons aussi la priorité accordée à des problèmes qui, si l’on considère ce qu’endurent au quotidien des dizaines de milliers de Corses, sont somme toute secondaires. J’ai beaucoup de respect et d’amour pour la langue corse. Aussi, qu’elle soit parlée par tous et puisse accéder à un usage courant et même officiel, m’importent beaucoup. Par ailleurs, je respecte les non-corsophones qui s’inquiètent d’être mis à l’écart d’une Corse qui rendrait obligatoire l’usage de sa langue. En revanche, je suis lasse des interminables débats sur la coofficialité. Je suis aussi partisane d’une réelle autonomie qui reconnaisse et prenne en compte, dans l’administration de notre île, les spécificités forgées par l’Histoire ou déterminées par l’insularité. Mais je suis plus qu’irritée des palinodies de ceux dont la principale préoccupation est de rester aux commandes des institutions locales. En effet, squattant éternellement les médias, ils y oscillent constamment entre propositions de « réformettes » et préconisations de grandes avancées. Qu’une fois pour toute, on demande de façon claire aux habitants de cette île de trancher, puis à l’Etat de valider, Co-officialité ? Oui ou non ! Suppression des Conseils généraux et réduction du nombre de communes. Oui ou non ! Autonomie ? Oui ou non ! Dopu, basta ! Qu’on en finisse avec des débats politiques et médiatiques qui n’apportent plus rien ! Il est temps d’en finir avec 50 ans de redites. Place à la mise en valeur de la Corse qui travaille, qui étudie, qui innove, qui endure. Place à l’identification et à la mise exergue des mécanismes qui régissent notre société. Place à la dénonciation des pouvoirs qui détournent à leur profit la richesse collectives. Place aux échanges et projets concernant la vie ordinaire.
Alexandra Sereni