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POLITIQUE

vendredi 22 octobre 2010, par Journal de la Corse

Politique Politique Joseph Castelli UNE NOUVELLE ALTERNANCE La nécessité pour Paul Giacobbi de disposer d’un soutien accepté de tous et rural lors du scrutin législatif de 2012 l’a emporté. Aucun des « barons » les plus connus ne ceindra la « couronne » départementale. Il aura fallu attendre six mois pour que Paul Giacobbi démissionne de la présidence du Conseil général de la Haute-Corse. Ce délai qui a fait de l’intéressé un des principaux cumulard de mandats électifs (député, président du Conseil exécutif de Corse, président du Conseil général de la Haute-Corse, conseiller général de Venaco), avait pour prétexte officiel la nécessité d’attendre l’issue des trois recours engagés contre les résultats du scrutin territorial de mars dernier. En réalité, il en était autrement. Il convenait d’abord de gérer des compétitions amicales existant au sein de la majorité départementale. Cette dernière étant forte et composite, les prétendants potentiels étaient nombreux. De plus, chacun d’entre eux avait des arguments recevables à faire valoir. Pierre Ghionga souhaitait acquérir une influence qui lui aurait permis de repartir avec de grandes chances de succès à l’assaut de la mairie de Corte. Doyen de l’assemblée départementale, le cap corsin Jean Motroni se positionnait volontiers en sage qui ne ferait d’ombre à personne. En tant que président de la Commission des finances, Hyacinthe Mattei pouvait arguer de ses qualités de gestionnaire et de sa parfaite connaissance des dossiers. Il lui était par ailleurs loisible d’avancer qu’en tant qu’homme fort de la Balagne et suppléant en titre, il serait d’un précieux concours au député sortant Paul Giacobbi lors du scrutin législatif 2012 dans la deuxième circonscription de la Haute-Corse. Premier vice-président du Conseil général, Jean-Jacques Padovani était en droit de se considérer comme un successeur logique car n’ayant plus qu’une marche à monter pour atteindre le fauteuil suprême. Quant à Henri Zuccarelli, il avait pour atouts d’être le chef de file du groupe des conseillers généraux PRG auquel appartient Paul Giacobbi et le leader des conseillers généraux bastiais. L’homme qu’il faut à la place qu’il faut Au final, aucun de ces « barons » à forte notoriété ne devrait ceindre la « couronne ». Sauf coup de théâtre de dernière minute, elle reviendra à un « baron » moins connu : Joseph Castelli, conseiller général de Vescovato, maire de Penta di Casinca, celui-ci étant appelé à être le candidat de la majorité départementale. Ce choix a résulté de la prise en compte d’un critère-clé : le besoin pour Paul Giacobbi de disposer, lors du scrutin législatif de 2012, d’un soutien départemental, accepté de tous et rural. Ce critère-clé a valu à Joseph Castelli d’être jugé comme étant l’homme de la situation. D’une nature réservée et consensuelle, libre d’une attache partisane marquée, et surtout élu rural d’une des trois grandes régions de la circonscription législative de Paul Giacobbi, il est apparu comme « L’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Pourquoi pas un des « barons » à forte notoriété ? Hyacinthe Mattei a un peut-être fait les frais de l’aide qu’il a apportée à la liste Simon Renucci lors du premier tour du scrutin territorial. Jean Motroni et Jean-Jacques Padovani n’ont pu être retenus car ils sont des élus de la circonscription législative de Bastia. Henri Zuccarelli cumulait deux handicaps : ne pas être un élu de la circonscription Corte / Balagne, être un conseiller général urbain. Quant à Pierre Ghionga, il n’était plus considéré comme étant en course depuis qu’il avait obtenu la présidence de l’Office de l’Environnement. La logique politique est respectée Avec un regard extérieur, si l’on considère que Joseph Castelli n’est pas un élu radical de gauche, on pourra s’étonner que le PRG, de moins en moins riche en mandats d’envergure, ait accepté - du moins au plan de l’affichage - la perte d’une présidence de conseil général. En revanche, au plan insulaire, la logique politique apparaîtra respectée. Depuis son accession à la présidence du Conseil général de la Haute-Corse jusqu’à son élection à la présidence du Conseil exécutif, sans pour autant la renier ou la cacher, Paul Giacobbi a fort peu affirmé son appartenance politique. Au Conseil général, il a toujours préféré avancer la notion de majorité départementale. Dans la perspective du scrutin territorial de 2004, il a opté pour la construction de son propre mouvement (La Corse en marche). En mars dernier, il a certes porté une liste PRG / PS mais il l’a voulue ouverte et le nom de celle-ci (L’alternance) n’avait rien de partisan. Par ailleurs, comme l’atteste la considération amicale et intellectuelle qu’il affiche volontiers pour des personnalités de tous bords en Corse et à Paris, Paul Giacobbi se voit manifestement et avant tout comme un homme libre de tout carcan idéologique ou esprit de chapelle. Pierre Corsi

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